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Le médiateur des entreprises s'attaque désormais aux conflits entre les PME et l'administration

Pierre Pelouzet,

Pierre Pelouzet, - -

Fort de son succès dans la résolution des conflits commerciaux entre entreprises, le médiateur des entreprises va donc se pencher sur les problématiques liées aux relations avec l'administration.

Le médiateur des entreprises est un vrai succès. Les 60 médiateurs présents dans les différentes régions de France accompagnent, conseillent et tentent gratuitement et confidentiellement de résoudre les conflits souvent contractuels entre entreprises. Depuis 2010, près de 20.000 entreprises ont été accompagnées et 75% des médiations aboutissent à un accord.

Aujourd'hui, cette médiation va s'étendre aux problèmes souvent épineux entre PME et administration. Elle est testée dans 4 régions (Centre-Val-de-Loire, Grand Est, Normandie et Provence-Alples-Côte d'Azur).

"Au-delà des relations contractuelles, on va passer à tout le reste", explique ce vendredi dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business, Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises.

Beaucoup de "je ne comprends pas" chez les entrepreneurs

"Une entreprise et une administration peuvent avoir un grand nombre malheureusement de sujets de difficultés: un problème fiscal, un problème Ursaf, un problème travail, un problème de permis de construire...", détaille Pierre Pelouzet. Et d'expliquer que nombre d'entreprises saisissent les médiateurs en leur disant : "je suis un artisan, je veux développer mon activité, j'ai des emplois derrière sauf que je n'ai pas mon permis de construire, je ne comprends pas". Or, "il y a beaucoup de 'je ne comprends pas'. Et le but de la médiation, c'est d'abord ça, organiser une pédagogie, faire en sorte que les gens se parlent, essayer de traduire, parce que parfois les mots ne sont pas les mêmes. Les mots de l'administration et les mots de l'entrepreneur ne sont pas les mêmes et finalement on se rend compte que quand on se parle correctement, quand on s'écoute correctement, il y a beaucoup de fois où on peut sortir par le haut, trouver la solution, permettre au chef d'entreprise d'avoir son permis, de continuer à travailler, de payer ses impôts comme il se doit, permettre à l'administration d'être rassurée par l'entreprise et sortir par le haut de la situation", souligne-t-il.

Et de poursuivre: "les administrations sont très ouvertes (...), cet espace de confidentialité que vous nous ouvrez, on est preneur. Et je vois évidemment des chefs d'entreprise qui disent: 'mais oui, on a des sujets, des difficultés, on n'arrive pas à se faire entendre'. J'espère que beaucoup vont venir parce que c'est une expérimentation. Ca veut dire que si dans deux ans, on se rend compte qu'on n'a pas fait beaucoup de médiations, on dira qu'il n'y avait pas de sujets. Si dans deux ans, ça a bien marché, on pourra l'étendre à l'ensemble de la France". 

Alors que le dispositif est testé dans quatre régions depuis mars, le médiateur affirme avoir déjà reçu 130 demandes de médiation, "ce qui prouve qu'il y a un sujet et que ça marche" avec là encore un taux de résolution de 75%.

Olivier Chicheportiche