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Le gouvernement grec promet des réformes indolores

Alexis Tsipras et son gouvernement doivent agir dans l'urgence pour pouvoir continuer à rembourser la dette grecque.

Alexis Tsipras et son gouvernement doivent agir dans l'urgence pour pouvoir continuer à rembourser la dette grecque. - Emmanuel Dunand - AFP

Le gouvernement grec a assuré vendredi que le plan de réformes qu'il s'apprête à proposer aux créanciers du pays allait remettre l'économie nationale sur pied, sans les désagréments de l'austérité pour la population.

Le temps presse pour la Grèce, bientôt à cours de liquidités et dans l'attente d'un prêt de ses créanciers. Du coup, l'exécutif s'affaire à trouver un compromis entre les exigences de ces derniers et ses promesses électorales.

Vendredi, un document diffusé à la presse indique ainsi que les propositions gouvernementales, qui doivent être finalisées ce week-end à Bruxelles par les experts du "groupe de Bruxelles" (UE, BCE, FMI, Mécanisme européen de stabilité, et Grèce), allaient rapporter 3 milliards d'euros et ramener un taux de croissance de 1,4% en Grèce.

Une liste qui "ne comprendra pas de mesures récessionnistes", et notamment "pas de mesures visant à baisser les salaires ou les retraites, ni de poursuite du démantèlement du droit du travail", a répété vendredi le gouvernement Tsipras. D'après la presse grecque, la liste concernera les privatisations, la lutte contre l'évasion fiscale, la diminution de la bureaucratie dans l'administration, des changements dans la TVA et dans la fiscalité.

Le gouvernement racle les fonds de tiroir

Le pays doit absolument conclure un accord la semaine prochaine avec ses créanciers pour obtenir une nouvelle tranche de prêts, faute de quoi elle risque de ne plus pouvoir rembourser ses dettes. Athènes espère obtenir rapidement une partie des 7,2 milliards d'euros qui restent promis par l'UE, et en particulier 1,9 milliard représentant des intérêts d'obligations grecques détenues par les banques nationales européennes.

En attendant, le gouvernement racle les fonds de tiroir: jeudi, l'Organisme public de l'Emploi a annoncé avoir déposé à la Banque de Grèce 120 millions d'euros de ses réserves, un transfert jugé "rentable" par l'Organisme car "le taux d'intérêt est à 2% par an". Vendredi, l'Attique, la région la plus peuplée de Grèce, a révélé également avoir transféré 80 millions d'euros de ses réserves à la Banque de Grèce, là aussi officiellement pour "une meilleure gestion des réserves en liquidités, grâce à des taux d'intérêts élevés". Ces sommes, selon les médias grecs, pourraient aller directement dans les caisses de l'Etat pour payer ses dettes.

L'épargne à son plus bas niveau depuis 2005

Pour rappel, la Grèce ne peut pas compter pour se financer sur les marchés d'obligations à moyen et long terme, dont les taux d'intérêt seraient pour elle inabordables actuellement. La Banque centrale européenne (BCE), qui maintient à flot les banques grecques depuis deux mois à coups d'injections de liquidités d'urgence, leur a en outre recommandé de cesser d'acheter des bons du Trésor du gouvernement, c'est-à-dire de la dette remboursable à trois ou six mois.

Ces banques doivent faire face aussi à la fuite de l'épargne depuis le début de la séquence électorale qui a porté au pouvoir le gouvernement Syriza : moins 25 milliards d'euros de dépôts entre décembre et février, ce qui a fait tomber l'épargne en Grèce à son plus bas niveau depuis mars 2005.

Y.D. avec AFP