BFM Business

Le gouvernement britannique injecte en urgence 1,6 milliard de livres dans les transports londoniens

TfL a vu ses revenus chuter de 90% durant les sept semaines qu'a pour l'instant duré le confinement instauré pour lutter contre l'épidémie de coronavirus.

TfL a vu ses revenus chuter de 90% durant les sept semaines qu'a pour l'instant duré le confinement instauré pour lutter contre l'épidémie de coronavirus. - Pixabay

L'Etat britannique a annoncé vendredi avoir injecté in extremis 1,6 milliard de livres dans l'opérateur des transports londoniens, dont les revenus ont fondu pendant la pandémie.

La mairie avait prévenu que faute d'accord jeudi, Transport for London (TfL) devrait légalement, et compte tenu du faible niveau de ses réserves, appliquer de strictes économies. Le pire a été évité.

TfL a annoncé vendredi matin avoir conclu accord de financement "basé sur l'hypothèse que le déficit de financement pourrait atteindre 1,6 milliard de livres (1,8 milliard d'euros) pour la période du 1er avril 2020 au 17 octobre 2020".

L'accord prévoit la mise en place d'une subvention de 1,095 milliard de livres ainsi qu'un prêt de 505 millions de livres (570 millions d'euros), avec la possibilité d'apporter 300 millions de livres de plus en cas de déficit. Pendant la période de renflouement, le gouvernement prendra le contrôle partiel de TfL.

Hausse des tarifs en perspective

"Ce n'est pas l'accord que je voulais" a regretté le maire de Londres, Sadiq Khan, dans un communiqué. "Mais c'était le seul accord que le gouvernement avait proposé et je n'avais pas d'autre choix que de l'accepter pour que les métros et les bus continuent de fonctionner", a poursuivi l'élu travailliste.

Sadiq Khan a accusé le gouvernement de "faire payer aux Londoniens" la facture, avec une augmentation des tarifs en janvier prochain qui mettra un terme au gel décidé par l'édile après les dernières élections. En outre, les personnes handicapées et les seniors ne pourront plus voyager gratuitement dans les transports qu'en dehors des heures de pointe.

Pour inciter les Londoniens à choisir le vélo ou la marche plutôt que les transports en commun, de nouvelles pistes cyclables vont être créées et des rues seront réservées aux cyclistes et piétons, tandis que d'autres voies seront interdites à la circulation, à l'exception des bus, a annoncé la mairie.

Afin de dissuader les Londoniens d'utiliser leurs voitures et contribuer à réduire la pollution, le péage urbain que payent depuis 2003 les automobilistes circulant dans le coeur de Londres va augmenter, passant de 11,50 livres à 15 livres (17 euros) le mois prochain.

La plage horaire concernée par cette mesure a été étendue. A partir du 22 juin, les automobilistes - à l'exception des soignants et employés de maisons de retraite - devront s'en acquitter s'ils roulent dans le centre de Londres entre 07H00 du matin et 22H00 tous les jours de la semaine.

90% de baisse de revenus pendant le confinement

TfL a vu ses revenus chuter de 90% durant les sept semaines qu'a pour l'instant duré le confinement instauré pour lutter contre l'épidémie de coronavirus.

Le Premier ministre conservateur Boris Johnson a encouragé les habitants en Angleterre à retourner au travail cette semaine, s'ils ne peuvent travailler de chez eux. Et s'il leur a demandé d'éviter les transports en commun, certains se sont retrouvés très fréquentés aux heures de pointe. La mairie vise la reprise de 85% des bus et 75% des métros à partir de lundi.

JCH avec AFP