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Le déficit public pour 2018 attendu à 2,6% du PIB

Bercy

Bercy - LOIC VENANCE / AFP

L'Insee annoncera ce mardi le chiffre du déficit public français en 2018. Un chiffre attendu pour la deuxième année consécutive aux alentours de 2,6%.

« Malgré tout ce que nous connaissons comme difficultés, nous baissons le déficit », qui devrait atteindre 2,6% du produit intérieur brut, avait estimé mi-janvier le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin. Un chiffre inférieur de 0,1 point à la cible fixée par Bercy.

Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire assure lui aussi que « les comptes publics seront tenus », promettant que le déficit français serait maintenu pour la deuxième année consécutive sous la barre des 3% fixée par les traités européens. Il devrait finalement se situer aux alentours de 2.6%.

La France est revenue en 2017 pour la première fois depuis dix ans dans les clous budgétaires européens, à la faveur notamment d'une forte croissance (2,3%), synonyme de hausse des rentrées fiscales. Pour 2018, Bercy avait prévu dans son projet de loi de finances initial une nouvelle amélioration, à 2,3% du PIB. C'était sans compter le ralentissement de l'activité. Avec une croissance de 1,5% très inférieure aux 2% attendus, le gouvernement a dû revoir ses ambitions à la baisse, à 2,6 puis 2,7% du PIB.

Quel que soit le chiffre final, « on devrait limiter la casse », estime Mathieu Plane, chercheur à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). « Au vu des derniers chiffres dont on dispose, notamment sur les recettes fiscales, il ne devrait pas y avoir de surprise ».

Des recettes fiscales supérieures aux attentes

Pour atteindre son objectif, le gouvernement peut compter sur de bons résultats concernant le budget de l'Etat. Selon Bercy, ce dernier s'est soldé par un déficit de 76,1 milliards d'euros l'an dernier, un chiffre inférieur de quatre milliards aux dernières prévisions. D'après Bercy, ce résultat s'explique par des recettes fiscales supérieures aux attentes, + 2,1 milliards d'euros. Dans le même temps, pas de mauvaises surprises concernant les dépenses de l'Etat, elles se sont révélées conformes aux prévisions, à 425 milliards d'euros.

Tendance également positive du côté de la Sécurité sociale. Selon les chiffres publiés mi-mars par Bercy, le déficit a été divisé par quatre, à 1,2 milliard d'euros contre 5,1 milliards en 2017. Reste à connaître la troisième et dernière composante du déficit public: le solde des comptes des collectivités locales. Là encore, les signaux sont encourageants: Gérald Darmanin a ainsi salué fin février l'effort des collectivités sur leurs dépenses de fonctionnement, plus faibles que prévu.

Une dynamique bienvenue pour le gouvernement, alors qu'un dérapage se profile pour 2019. En cause, les mesures d'urgence annoncées par le gouvernement face au mouvement des « gilets jaunes ». Bercy a en effet dû revoir à 3,2% sa prévision de déficit, affectée par la transformation du CICE en baisse de charges, qui coûtera cette année 20 milliards d'euros aux finances publiques.

Un dérapage qui pourrait être encore plus important selon de nombreux économistes. Cette prévision est établie sur une hypothèse de croissance de 1,7%. Or cette dernière est revue à la baisse à 1,4%, et reste sous la menace du ralentissement mondial. « On dit généralement que 0,2% de croissance en moins, c'est 0,1 point de déficit en plus. A conditions inchangées, on risque donc d'avoir un déficit aux alentours de 3,3 ou 3,4% », avance ainsi Mathieu Plane.

De son côté, le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a rappelé qu'un dérapage ponctuel du déficit au-delà de la barre des 3% n'était « pas problématique au regard des règles » européennes. Avant d'ajouter: « mais il faudra bien que le chemin de la décrue des déficits et du recul de la dette reprenne son cours ».

Sandrine Serais