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Le déficit commercial français atteint 5,6 milliards d'euros en janvier

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Les douanes constatent que peu de "branches industrielles civiles" connaissent une amélioration de leur balance commerciale, à l'exception de l'industrie automobile.

Le déficit commercial français s'est à nouveau creusé en janvier pour atteindre 5,6 milliards d'euros contre 3,6 milliards le mois précédent, après s'être fortement dégradé au cours de l'année dernière, ont indiqué mercredi les Douanes. 

Au cours du premier mois de l'année, les exportations ont reculé de 3,9%, contre une hausse de 6% le mois précédent, ont-elles précisé dans un communiqué. Les importations ont, quant à elles, accéléré à un rythme de 1,1%, après 0,5% en décembre, soutenues par un "rebond des approvisionnements en produits de l'industrie manufacturière" et par un "renchérissement de la facture énergétique".

L'an dernier, le déficit commercial s'était nettement creusé pour atteindre 62,6 milliards d'euros, contre 48,3 milliards d'euros un an auparavant, selon les données corrigées par les Douanes, qui l'avaient initialement estimé à 62,3 milliards.

Peu de branches connaissent une amélioration de leur balance commerciale

Dans l'aéronautique, dont les performances dépendent des ventes d'Airbus, la réduction de l'excédent "est aussi marquée que l'avait été sa hausse du mois dernier", avec un reflux des ventes jugé "partiel", mais des achats qui ont connu une "nette poussée".

Les douanes constatent que peu de "branches industrielles civiles" connaissent une amélioration de leur balance commerciale, à l'exception de l'industrie automobile, qui a connu une "évolution favorable due à des ventes dynamiques de véhicules" qui atténuent "un reflux des livraisons de pièces et équipements après un pic en décembre".

Pour les produits chimiques, les ventes se maintiennent à un haut niveau, tandis que les achats se replient. Les Douanes constatent aussi une hausse "sensible" de l'excédent dans le domaine militaire.

Déficit avec l'Afrique

La balance commerciale s'est notamment détériorée vis-à-vis de l'Asie, avec une baisse des livraisons aéronautiques et une progression des achats de biens de consommation, ainsi qu'avec le Proche et Moyen-Orient, en raison du pic atteint dans l'approvisionnement énergétique.

La détérioration est également "marquée" avec l'Afrique et "se traduit par l'apparition d'un déficit", ont expliqué les Douanes. Avec l'Amérique, l'excédent se contracte en raison du repli des livraisons aéronautiques. En revanche, les balances commerciales s'améliorent avec l'Union européenne et l'Europe hors UE.

Le solde des services reste excédentaire

La balance des transactions courantes s'est également dégradée en janvier à -1,6 milliard d'euros, après -0,8 milliard en décembre, a de son côté indiqué la Banque de France.

Le creusement du déficit des biens, qui s'est élevé à 4 milliards après 1,8 milliard en décembre "est essentiellement dû aux biens hors énergie", a précisé l'institution. Le solde des services reste toutefois excédentaire à 1,5 milliard d'euros "sous l'effet d'une bonne tenue des services aux entreprises".

La balance des transactions courantes va au-delà des seuls échanges de biens, déficitaires depuis de longues années en France, en prenant en compte ceux des services ainsi que les revenus des investissements et ceux du travail versés entre agents économiques en France et à l'étranger.

C'est le solde des transactions courantes qui, in fine, détermine si un pays a acquis, sur une période, la capacité de prêter des capitaux au reste du monde, ou a besoin d'en emprunter.

J.-C.C. avec AFP