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Le « contre-budget » du Parti de Gauche

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à l'élection présidentielle.

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à l'élection présidentielle. - -

Alors que François Hollande va défendre ses choix économiques devant la presse à 17h ce mardi, le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon a présenté lundi son contre-budget. « Il faut taper là où est l’argent », explique l’économiste du Parti de Gauche, Jacques Généreux.

Lundi, le Parti de Gauche a présenté un contre-budget face à celui du gouvernement. Son nom : « Nous on peut ! ». Il reprend en grande partie les propositions de son programme présidentiel. Le principe est simple : prendre sur les revenus du capital et des plus riches, plutôt que de « taper sur le travail » dixit Jean Luc Mélenchon. Ce contre-budget, comme celui du gouvernement Ayrault, prévoit 30 milliards d'euros d'économies. Mais, le Parti de Gauche va chercher l'argent ailleurs : 42 milliards d'euros de suppression immédiate des niches fiscales (niche Copé, prêts à taux zéro, défiscalisation des DOM-TOM), 7 milliards d'euros avec une lutte efficace contre la fraude et l'évasion fiscale, la création d'une TVA grand luxe ou encore le doublement de la taxe sur les poids lourds (plus 2,4 milliards d'euros).

Révolutionner l'impôt sur le revenu

Le Parti de Gauche propose également de révolutionner l'impôt sur le revenu en créant 14 tranches, celle des très hauts revenus concentrant l'essentiel des hausses. Résultat, ce sont 20 milliards d'euros de plus. Au total, avec ces calculs, le parti de Jean-Luc Mélenchon récolte 131 milliards d'euros. Des ressources supplémentaires que le Parti de Gauche redistribue en portant le Smic à 1700 euros brut, ou en recrutant 30 000 fonctionnaires supplémentaires. Des fonctionnaires dont il augmente le salaire.

« C’est la politique menée actuellement qui n’est pas réalisable »

Pour Jacques Généreux, économiste, secrétaire national à l'économie au Parti de Gauche, ce n’est pas le contre-budget du Parti de Gauche qu’il faut critiquer mais bien celui du gouvernement qu’il faut dénoncer. « La politique qui est menée actuellement, c’est celle-là qui n’est pas réalisable. Ça fait plus de quatre ans qu’on applique cette politique pour sortir la Grèce de la crise. A l’arrivée, la Grèce est mieux ? Non. Depuis 20 ans, on tape sur le travail. Nous on dit "aujourd’hui, au lieu de taper sur ceux qui créent de l’emploi et de l’activité dans les PME, il faut taper là où est l’argent. Et l’argent est dans les grands groupes, dans les institutions financières. Taper le capital, c’est le moyen ».

T.de Dieuleveult avec C.Martelet