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Le chômage ne reculera pas

Il y a reprise, mais en zone euro c’était de 1% : nous sommes à la traîne.

Il y a reprise, mais en zone euro c’était de 1% : nous sommes à la traîne. - -

Les dernières prévisions venues de Bruxelles et confirmées par le ministre de l’Economie pour la croissance en France sont de 0,2% pour 2013 et 0,9% pour 2014. La reprise est là mais elle est de faible ampleur. La tendance sur le chômage ne s’inversera pas.

Reprise ou pas reprise : telle est la question ?

La reprise est là et elle s’inscrit dans la dynamique cyclique que connaît notre économie depuis une quarantaine d’années. Le problème pour la France est qu’elle est de faible ampleur : en 2014, notre croissance sera de 0,9% contre 1,4% dans l’Union européenne. Seuls parmi les 28 de l’Union, 5 pays (l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce et la Hongrie) auront une croissance plus faible.
Un autre indicateur intéressant est que la production industrielle a augmenté en août de 0,2% : il y a reprise, mais en zone euro c’était de 1% : nous sommes à la traîne.
La conséquence de cette situation est que le chômage ne reculera pas. Nous sommes sur le palier de 11% et nous y resterons en 2014. En Allemagne le taux de chômage est de 5,3% mais cela traduit aussi l’évolution de la démographie allemande. Ce qui est plus intéressant, c’est qu’au Royaume-Uni, ce taux sera de 7,5%, alors que dans ce pays, non seulement on ne fait pas « d’emplois d’avenir » mais on a supprimé 400 000 emplois dans la fonction publique pour réduire le déficit budgétaire.
La deuxième conséquence porte justement sur ce déficit : en France, il sera encore de 3,8% de la production alors que notre engagement européen est de 3%. Là encore, la situation s’améliore, mais lentement. En Italie, le déficit sera de 2,7%, et en Allemagne les finances publiques seront équilibrées, ce qui signifie que parmi les grandes économies de la zone euro, c’est nous qui allons être en première ligne des interrogations des prêteurs.

Sommes-nous les mauvais élèves de l'Union européenne ?

Des efforts ont été réalisés, mais le matraquage fiscal pèse incontestablement sur la croissance. En fait, François Hollande a construit son raisonnement sur une reproduction de la sortie de crise de la fin des années 90. Cinq ans après la récession de 1993, 1998 avait été une année de très forte croissance.
Mais il y a trois différences majeures. L’environnement international était plus favorable. Le prix du pétrole était de 15$ le baril.
Et surtout les entreprises avaient reconstitué leur marge et pouvaient investir. Car c’est là la clef de la croissance : l’investissement privé. Si le Royaume-Uni s’en sort mieux que nous ( 2,2% de croissance, 7,5% de chômage), ce n’est pas parce qu’il est hors zone euro. C’est parce que la politique menée repose sur les deux bons piliers : la baisse de la dépense publique ; la baisse de l’impôt sur les sociétés qui a été ramené à 20% alors qu’en France on vient encore de l’augmenter.
Et tous les pays en difficulté s’orientent vers ce type de politique. Le Portugal par exemple, qui est une des économies malades de l’Europe, construit sa convalescence sur un programme de baisse de l’impôt sur les sociétés qui va passer de 25 à 23% l’année prochaine. 

Jean-Marc Daniel