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La victoire de Cameron réveille le spectre du "Brexit"

David Cameron a confirmé la tenue d'un référendum avant 2017.

David Cameron a confirmé la tenue d'un référendum avant 2017. - Adrian Dennis - AFP

Le referendum sur le maintien ou la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE est devenu vendredi un enjeu majeur après la victoire électorale de David Cameron. Les Européens, qui refusent de payer le prix fort pour la garder, se préparent à deux années de difficiles négociations.

Une consultation "pour décider de l'avenir de la Grande-Bretagne en Europe" aura bien lieu avant 2017. David Cameron, qui en avait fait la promesse s'il était réélu, a confirmé son intention, ce 8 mai, après avoir été chargé de former un nouveau gouvernement.

Le "Brexit", contraction pour "British exit" désignant la sortie de l'UE, n'est toutefois pas acquis et les autres dirigeants européens vont tout faire pour faciliter la victoire du oui au maintien dans l'UE.

La Commission européenne a d'ores et déjà tracé une ligne rouge. "Les quatre libertés fondamentales", à savoir libre circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services, "ne sont pas négociables, car elles sont l'essence de l'Union européenne", a averti son porte-parole Margaritis Schinas.

Le président de l'exécutif bruxellois, Jean-Claude Juncker, a toutefois ouvert la porte à des modifications mineures des traités dans un entretien accordé à la BBC, sa seule prise de position durant la campagne électorale au Royaume-Uni.

Jean-Claude Juncker veut "rencontrer rapidement" David Cameron, a précisé son porte-parole. "Ils ont beaucoup de choses à se dire", a-t-il souligné.

"Je compte sur le nouveau gouvernement britannique pour plaider en faveur du maintien de la Grande Bretagne au sein de l'UE", a déclaré le président du conseil européen Donald Tusk dans un message de félicitation à David Cameron.

Rapatrier certaines compétences vers les Etats

Conforté par le résultat des élections, David Cameron pourra orienter le débat avant le référendum "comme il l'entend", souligne un diplomate. Il pourra par exemple mettre l'accent sur les avantages ou inconvénients économiques d'un Brexit et moins sur la question agitée par les populistes de l'immigration. Le premier ministre a déjà appelé à une réforme globale du système européen afin de rapatrier certaines compétences de l'UE vers les Etats membres. Ses demandes de réformes touchent notamment la politique étrangère européenne, la politique agricole commune (PAC) et la politique énergétique. 

"Les Britanniques auraient tort de penser que leurs partenaires sont prêts à payer le prix fort pour les retenir, surtout si ce prix revenait à vider le projet européen de son sens", a confirmé à l'AFP un diplomate européen à Bruxelles.

Pas question de remettre en cause le traité de Schengen

"Les dirigeants européens vont devoir faire le calcul du prix à payer pour garder la Grande-Bretagne, car son départ serait une catastrophe", a estimé un autre diplomate européen.

"Il vont devoir accepter de revoir certaines dispositions des traités pour aider Cameron à obtenir le oui", a-t-il ajouté. Mais il n'est pas question de remettre en cause certains fondamentaux comme le traité de Schengen (sur la libre circulation des personnes) et le marché unique".

C.C. avec AFP