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La réforme des retraites "va coûter très cher" prévient l'Institut Montaigne

"Si le but était de faire des économies, avec tous les renoncements qui ont pu être annoncés ces dernières semaines, on voit que l'objectif n'est pas accompli" tranche Victor Poirier, le directeur des publications du think tank, sur le plateau de Good Morning Business, sur BFM Business.

C'est une des questions pour laquelle on attend, désespérément, une réponse. Combien va coûter cette fameuse réforme des retraites, qui vient d'arriver sur la table du Conseil des ministres? "Cela va coûter très cher" répond Victor Poirier, directeur des publications de l'Institut Montaigne, sur le plateau de Good Morning Business, ce vendredi.

"On a encore beaucoup d'éléments qui nous manquent pour être précis dans ce chiffrage" souligne-t-il. "Ce qui est très clair, c'est que l'âge de départ à la retraite (…) va augmenter. On va travailler de plus en plus tard et donc le fait d'enlever l'âge d'équilibre pour les cinq prochaines années (…) n'est qu'un petit gain qui, finalement, ne va pas être compensé par la suite."

Et surtout de rappeler "tous les renoncements" du gouvernement comme "les régimes spécifiques qui remplacent les régimes spéciaux" mais aussi "l'augmentation des salaires de certains fonctionnaires, l'augmentation des salaires des enseignants."

"Et toute cette facture risque d'arriver à plusieurs dizaines de milliards d'euros, ce qui n'était pas du tout anticipé" tranche Victor Poirier. "Si le but était de faire des économies, avec tous les renoncements qui ont pu être annoncés ces dernières semaines, on voit que l'objectif n'est pas accompli."

Selon les calculs de BFM Business (réalisés le 9 janvier dernier), le coût de départ estimé à 10 milliards d'euros environ par le Comité d'orientation des retraites pour équilibrer le système passerait à entre 70 et 80 milliards d'euros étalés sur 20 ans. Et il y a encore des concessions à venir: du côté de la pénibilité, du travail de nuit ou encore des dépenses de solidarité. De quoi encore générer 1 à 2 milliards d'euros par an de coûts supplémentaires.

Thomas Leroy