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La Grèce face au casse-tête des rentrées fiscales

Le Parlement grec est sous haute surveillance avant la visite de la chancelière Angela Merkel.

Le Parlement grec est sous haute surveillance avant la visite de la chancelière Angela Merkel. - -

Angela Merkel, la chancelière allemande, se rend ce mardi 9 octobre à Athènes, capitale d'un pays plombé par des recettes fiscales qu'il peine à faire rentrer dans ses caisses.

Angela Merkel se rend aujourd'hui à Athènes. Une visite trés symbolique, l'Allemagne étant le pays ayant le plus contribué aux plans d'aide à la Grèce. Et à ce titre, la chancelière est toujours restée inflexible sur les réformes douloureuses que la Grèce doit continuer à mettre en oeuvre. De son côté, Athènes tente de convaincre ses créanciers qu'il faut lui laisser plus de temps pour rembourser ses prêts. Le principal noeud vient des recettes fiscales.

Il y a 3 semaines, les Inspecteurs du fisc grecs se sont mis en grève. Ces fonctionnaires dénoncent leur retraite amputée de moitié et les objectifs inatteignables qu'on leur a fixés. Ils doivent s'attaquer à une fraude fiscale qui représenterait encore 30 milliards d'euros par an en Grèce. Mais ils n'ont aucune arme pour lutter contre ce fléau, et ils refusent catégoriquement de travailler sous la tutelle des créanciers européens. Les principales failles du système sont pourtant connues : le puissant secteur des armateurs continue à bénéficier de niches fiscales très avantageuses, l'eglise orthodoxe, énorme propriétaire terrien, est toujours exonérée de taxes foncières, etc.

Et aujourd'hui, les lignes ne semblent pas beaucoup bouger, et cette fronde du fisc grec reflète l'absurdité de la situation : car faute de rentrées fiscales, le gouvernement met le paquet sur la baisse des dépenses...ce qui envenime une situation sociale déjà critique, accélère la chute de la consommation, et accentue encore un peu plus les moins-values fiscales.

Mathieu Jolivet