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La franchise, un modèle toujours dynamique

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Devenir son propre patron en minimisant les risques, c'est ce que permet le modèle de la franchise qui connait un vrai succès. Le salon Franchise Expo se tient à Paris jusqu'au 20 mars.

« La franchise, un formidable outil de reconversion professionnelle » selon Sylvie Gaudi, la directrice du salon. 76% des nouveaux franchisés sont d'anciens salariés, dont 56% de cadres. Moyenne d'âge, 47 ans et un niveau d'études au moins égal à bac+2. C'est le portrait type du nouveau franchisé qui se lance selon l'enquête annuelle Banque populaire/FFF/CSA. Pourquoi en franchise ? « Parce qu'elle rassure », selon Chantal Zimmer, la déléguée générale de la Fédération Française de la franchise. « Elle permet de minimiser les risques à la création. Le franchisé réitère un concept qui a fait ses preuves ». Et pour le coup, il y a le choix parmi 90 secteurs d'activité. Esthétique, aide à la personne, automobile ou même le courtage.

Pas moins de 90 secteurs d'activité

Mais la grande tendance cette année, c'est l'épicerie fine. Les Français recherchent une restauration de qualité. Les épiceries ont beaucoup évolué. Plus chic, plus bio notamment. L'autre tendance, c'est l'enseigne mono-produit ou la restauration à thème : 13% de croissance l'an dernier. C'est le pari de l'hyper-segmentation. Chatelle par exemple ne vend qu'un seul modèle de ballerines mais dans toutes les couleurs, toutes les matières. The Kase s'est spécialisé dans les coques de téléphones. A l'inverse de l'hypermarché, du tout sous le même toit, le mono-produit, c'est tendance. Le client a l'impression d'acheter LA spécialité de la maison. D'avoir à faire à des experts. Pour le franchisé, c'est un vrai risque, il y a une grande part d'inconnue. Mais en cas de succès, la rentabilité arrive vite, car il y a moins de frais d'approvisionnement, peu de fournisseurs. Et le magasin peut ainsi se démarquer rapidement de la concurrence.

Un secteur dynamique de 62 milliards d'euros

62 milliards d'euros, c'est le montant total des ventes du secteur l'an dernier, en progression de 4,12%. Et la croissance aurait pu être plus importante encore. « Le dernier trimestre 2018 a été marqué par le mouvement des 'gilets jaunes' », explique Chantal Zimmer. « Compte tenu du contexte actuel du commerce, c'est néanmoins un résultat "exceptionnel" », ajoute t'elle.

Un secteur qui génère 700 000 emplois directs et indirects. D'ailleurs, des grands groupes ne s'y sont pas trompés. Ils se développent aujourd'hui principalement en franchise. C'est le cas de l'enseigne Franprix, par exemple, avec ses concepts Mandarine ou Noé. Ou encore, Yves Rocher, la Mie Câline, Jeff de Bruges ou Monceau Fleurs.

Avantage : le franchisé bénéficie des outils et services de l'enseigne, tout en restant maître de ses coûts, de ses investissements ou de son personnel. Contraintes : elles sont avant tout d'ordre légal, le contrat signé entre franchisé et franchiseur les liant pour en moyenne six ans, avec « des droits et des devoirs définis dès le départ », précise Chantal Zimmer.

La franchise, un moyen également de revitaliser les centres-villes : plus de la moitié des franchisés sont implantés dans des villes de 5 000 à 100 000 habitants, et 15% dans des communes de moins de 5 000.

Hélène Cornet avec AFP