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La France, mauvaise élève de l'Europe pour S&P

Standard & Poor's s'inquiète du fait que l'économie française se reprend moins bien que celle de ses voisins européens.

Standard & Poor's s'inquiète du fait que l'économie française se reprend moins bien que celle de ses voisins européens. - -

L'agence de notation américaine a publié ce 14 janvier ses prévisions pour 2014. Elle voit la situation s'améliorer pour l'Europe, mais pointe la France du doigt.

Quelques heures avant celle du président de la République, Standard & Poor's tenait sa conférence de rentrée, ce mardi 14 janvier. Elle y a dressé le bilan de ses notations en 2013, et évoqué ses perspectives pour 2014. L'agence de notation, évoquant les progrès de l'Europe qu'elle attend pour 2014, note quasi-systématiquement une exception française.

L'Europe ne génère pas assez de croissance pour laisser la récession derrière elle, et c'est encore plus flagrant pour la France, a estimé Jean-Michel Six, chef économiste chez S&P. Il a pointé un problème de compétitivité et de réduction continue des marges "depuis une décennie" encore plus notable dans l'Hexagone que chez ses voisins.

"La France peine à suivre le rythme de reprise enregistré chez ses voisins européens", estime l'agence. Elle reconnaît toutefois que ce "décalage se justifie en partie par le fait que la récession y a été moins sévère que dans d'autres pays".

Prochaine notation de la France le 25 avril

Par ailleurs, la deuxième puissance de la zone euro "a échoué à redresser le déficit de sa balance commerciale avec l'Allemagne depuis 2009, alors que les autres économies de la zone euro sont parvenues à le réduire", note encore S&P.

En outre, selon l'agence américaine, les indicateurs d'activité s'améliorent partout en Europe à la fin 2013, sauf en France. Reste que, selon ses données, les entreprises françaises sont celles qui investissent le plus, derrière les allemandes, mais devant les britanniques. Toutefois, S&P s'attend à ce que les investissements des entreprises de Grande-Bretagne dépassent ceux des hexagonales au troisième trimestre 2014.

L'agence de notation américaine, qui avait abaissé la note souveraine de la France début novembre, considère néanmoins qu'elle reste "excellente". D'autant que cette note est assortie d'une perspective stable, donc ne risque pas d'être dégradée avant deux ans, "à moins d'un évènement totalement inattendu". La prochaine notation paraîtra le 25 avril, indique l'agence, qui doit désormais publier son calendrier en amont, en vertu des nouvelles règles européennes.

Nina Godart