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La Commission Européenne pourrait supprimer les pièces de 1 et 2 centimes

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La Commission Européenne envisage de de supprimer les plus petites pièces en euros. Celles de 1 et 2 centimes pourraient en effet disparaitre de la circulation. Une grande concertation doit être lancée avec les États membres pour définir le cas échéant la marche à suivre.

Chaque citoyen ou presque en a dans la poche. Si elles ne sont pas là, elles sont certainement dans une petite boite ou une soucoupe dans les entrées de nos maisons, prêtes à être piochées pour acheter le pain. Mais au-delà de cette utilisation, beaucoup dénoncent leur coût de fabrication trop élevé et leur non utilisation par les Européens. En France, on estime le coût de production des pièces de 1 et 2 centimes d'euros entre 3 et 5 centimes. Soit beaucoup plus que leur valeur réelle ! Et pour ce qui est de l’utilisation de ces pièces, 500 millions d’entre-elles disparaîtraient chaque année dans les tiroirs des européens.
La Commission Européenne va donc lancer une grande concertation avec les Etats membres, les banques centrales et les associations de consommateurs. Pour l'heure, 4 options sont avancées : maintenir ces pièces dans la zone euro (statu quo), réduire leur prix de revient, les éliminer définitivement ou les faire disparaître progressivement après l'arrêt de leur production.

« Les prix risquent d’être arrondis à la virgule supérieure »

La fin des pièces de 1 et 2 centimes d’euros pourrait avoir des conséquences inattendues pour le consommateur. « Si nous n’avons plus de pièce de 1 et 2 centimes d’euros, explique Maxime Chipoy chargé de mission banques à l'UFC-Que Choisir, il va falloir faire des arrondis pour tous ce qui est paiement de 99 centimes… Ça peut potentiellement entrainer de l’inflation puisque tous prix vont être arrondis à la virgule supérieure comme ça a été le cas avec le passage à l’euro. Aujourd’hui le cout de ces pièces est assumé par la Banque Centrale Européenne. Et si on supprime ces pièces, on pense que l’argent économisée ne reviendra pas dans la poche du consommateur. Ça va lui coûter et il n’en verra pas les avantages ».

« Un mauvais coup pour les consommateurs »

Pour Serge Maître président de l'Association Française des Usagers des Banques, c’est le même argument. La suppression des pièces de 1 et 2 centimes d’euros aura un coût qui sera supporté par … les consommateurs. Il est donc opposé à cette fin des piécettes. « Il y a de la colère quand on entend l’argument des argentiers qui dénoncent le coût de fabrication des pièces de 1 et 2 centimes. Concrètement si ce n’est pas les grands argentiers qui payent, ce sont les consommateurs qui vont devoir supporter. Avec la suppression de 1 et 2 centimes on comprend que les commerçants vont arrondir leur prix aux 5 centimes supérieurs pour pouvoir rendre la monnaie. Ce serait donc un mauvais coup pour les consommateurs et le porte-monnaie ».

« Une vraie économie ? Supprimer les billets de 5 euros »

Pour le directeur général de la Monnaie de Paris, Christophe Beaux, ce n’est pas tant la suppression des pièces de 1 et 2 centimes qui permettrait une belle économie, mais bien celle des billets de 5 euros. « La vraie économie à faire, explique-t-il ce jeudi sur RMC, c’est transformer le billet de 5 euros en pièces. Les pièces sont éternelles, alors qu’un billet de 5 euro est remplacé tous les 6 mois, ça coûte à chaque fois au contribuable. On ferait une économie de 10 milliards d’euros. Ce serait une meilleure économie que de supprimer les pièces de 1 ou 2 centimes ».

Tugdual de Dieuleveult avec A. Rosique