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La BCE entame le rachat de dettes sur les chapeaux de roues

La BCE n'a eu aucun mal à racheter de la dette souveraine sur le marché secondaire, selon l'un de ses gouverneurs.

La BCE n'a eu aucun mal à racheter de la dette souveraine sur le marché secondaire, selon l'un de ses gouverneurs. - DANIEL ROLAND - AFP

Le programme de rachat de dette d'Etat lancé par la Banque centrale européenne lundi a bien commencé. Selon l'un de ses gouverneurs, Francfort a acquis sans mal plus de 3 milliards d'euros de titres.

Le vaste programme de rachat de dettes publiques de la Banque centrale européenne (BCE) a démarré lundi sur de bons rails, avec 3,2 milliards d'euros de titres acquis au premier jour de l'opération, a déclaré mardi Benoît Coeuré, membre de son directoire.

Lundi, "la BCE et les banques centrales nationales de la zone euro ont acheté 3,2 milliards d'euros d'obligations du secteur public, mettant le programme sur le bon chemin pour atteindre un total de 60 milliards de rachats de dettes publiques et privées en mars", soit l'objectif que s'est fixé chaque mois l'institution, a déclaré Benoît Coeuré lors d'un colloque bancaire à Francfort.

Fin janvier, la BCE avait annoncé la mise en oeuvre de ce vaste programme de rachats de dettes publiques et privées, sur le modèle de la Banque d'Angleterre ou de la Réserve fédérale américaine, afin de relancer la très faible dynamique des prix en zone euro. Au total, l'institution de Francfort entend racheter quelque 1.140 milliards d'euros d'ici septembre 2016.

Des craintes injustifiées

Dans le détail, les achats de dettes publiques - qui comprennent des obligations d'Etats et d'institutions européennes - devraient avoisiner chaque mois 50 milliards d'euros, et ceux de dettes privées 10 milliards.

A l'instar du président de l'institution Mario Draghi, Benoît Coeuré a estimé "que pour le moment, il n'y a pas de signe" que la BCE et les banques centrales nationales de la zone euro ne puissent pas racheter les montants prévus.

"Il y aura un prix auquel nous pourrons acheter les quantités demandées pour atteindre nos objectifs", a précisé le banquier central, jugeant infondées les craintes d'un tarissement des titres éligibles disponibles. "En d'autres termes, nous aurons peut-être à faire face à une rareté des obligations, mais pas à un manque. La rareté est un fait et non un problème en soi", a-t-il poursuivi.

Il a par ailleurs réaffirmé le souhait de l'institution d'être "neutre". Ce qui signifie que, "alors même que nous voulons faire bouger les prix, nous ne voulons pas supprimer le mécanisme de formation des prix", a-t-il affirmé.

Pour ce faire, la banque centrale entend garantir un "haut degré de transparence" autour de ses interventions, en publiant chaque semaine le montant total des titres rachetés, ainsi qu'un compte-rendu plus détaillé de ces opérations tous les mois.

N.G. avec AFP