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La BCE augmente l'aide d'urgence aux banques grecques

La Banque centrale européenne continue de refuser de financier les banques grecques en échange de titre de dette souveraine, mais elle augmente le montant des liquidités d'urgence disponibles pour leur financement.

La Banque centrale européenne continue de refuser de financier les banques grecques en échange de titre de dette souveraine, mais elle augmente le montant des liquidités d'urgence disponibles pour leur financement. - DANIEL ROLAND - AFP

La Banque centrale européenne va laisser un peu plus de liquidités disponibles pour les banques grecques, mais il n'est toujours pas question d'accepter de la dette grecque en garantie.

Après avoir coupé le robinet, la BCE augmente le débit du goutte-à-goutte. La Banque centrale européenne a relevé ce jeudi de cinq milliards d'euros le montant total des liquidités d'urgence mises à la disposition des banques grecques pour le porter à 65 milliards d'euros, a-t-on appris auprès de responsables grecs, ce qui a rassuré les investisseurs.

Sur le plan politique, la Grèce et ses partenaires de l'Union européenne ont réitéré à l'ouverture d'un sommet européen à Bruxelles leur volonté de parvenir à un accord sur la dette grecque, tout en campant sur leurs positions respectives quant aux moyens d'éviter une crise.

Le dispositif de liquidité d'urgence, connu sous le sigle ELA, a été autorisé le 4 février par la BCE lorsqu'elle a décidé de ne plus accepter les obligations d'Etat grecques en garanties de ses opérations de financement, tarissant de fait une source importante de liquidités pour les banques grecques.

Peter Praet, membre du directoire de la BCE, a dit que l'institut de Francfort appliquerait à la Grèce les règles existantes au sujet de l'ELA. "Il est essentiel que les banques bénéficiant d'un accès à des liquidités d'urgence restent solvables", a-t-il dit au Financial Times.

Un financement suspendu à un accord avec l'Europe? 

Ces propos semblent indiquer que la BCE pourrait retirer cette bouée de sauvetage si la Grèce ne parvient pas à un accord avec ses créanciers avant la date-butoir du 28 février, lorsqu'expirera le programme d'aide de 240 milliards d'euros. Privées de liquidités, les banques grecques risqueraient alors de s'effondrer, ce qui pourrait à son tour pousser la Grèce, paralysée financièrement, hors de la zone euro.

Membre du conseil des gouverneurs de la BCE, Ewald Nowotny a précisé en marge d'un colloque à Prague que la BCE réexaminerait régulièrement sa position au sujet de l'ELA, avec une prochaine décision attendue mercredi prochain. Il a cependant assuré que l'absence d'accord politique entre la Grèce et les autres pays européens n'entraînerait pas automatiquement l'arrêt de ce mécanisme.

Mercredi soir, une réunion de l'Eurogroupe s'est soldée par un échec, le ministre grec des Finances et ses pairs de la zone euro ne parvenant pas à s'entendre sur la formulation d'un communiqué conjoint. La prochaine réunion de l'Eurogroupe est prévue lundi. "Le véritable risque à Athènes semble être que Tsipras a provoqué une attente si élevée qu'il pourrait lui être extrêmement difficile de nuancer sa rhétorique et de conclure un accord acceptable par le reste de la zone euro", écrivent des économistes de Berenberg Bank jeudi dans une note. 

N.G. avec Reuters