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L'Insee prévoit une reprise lente en France

L'Insee prévoit que la reprise de l'économie française restera poussive au premier semestre mais la hausse du chômage s'atténuera et l'investissement amorcera un redémarrage progressif au printemps. Dans sa note de conjoncture, l'institut de la statistiqu

L'Insee prévoit que la reprise de l'économie française restera poussive au premier semestre mais la hausse du chômage s'atténuera et l'investissement amorcera un redémarrage progressif au printemps. Dans sa note de conjoncture, l'institut de la statistiqu - -

par Véronique Tison PARIS - La reprise de l'économie française restera poussive au premier semestre mais la hausse du chômage s'atténuera et...

par Véronique Tison

PARIS (Reuters) - La reprise de l'économie française restera poussive au premier semestre mais la hausse du chômage s'atténuera et l'investissement amorcera un redémarrage progressif au printemps, prévoit l'Insee.

Dans sa note de conjoncture, l'institut de la statistique a réduit de moitié sa prévision de croissance pour le premier trimestre, à 0,2% au lieu de 0,4%, en contrecoup de la hausse plus forte que prévu de l'activité à la fin 2009.

Sa prévision de croissance pour le deuxième trimestre reste inchangée à 0,3%, ce qui donnerait à la fin juin un acquis de 1,0% correspondant à ce que serait la croissance en fin d'année en cas de variation nulle du PIB au deuxième semestre.

L'horizon de prévision de l'Insee s'arrête à la fin juin mais l'institut note qu'il faudrait une croissance de 0,5% ou 0,6% aux troisième et quatrième trimestres pour atteindre l'objectif gouvernemental d'une croissance de 1,4% en 2010.

Le produit intérieur brut français avait augmenté de 0,6% sur les trois derniers mois de 2009, plus forte hausse de la zone euro, en grande partie grâce à la prime à la casse automobile qui a été réduite au 1er janvier.

La production manufacturière avait ainsi augmenté de 1,7% sur le trimestre et la consommation des ménages en produits manufacturés de 2,9%, alors que l'Insee prévoyait respectivement +0,9% et +2,2% dans sa note de conjoncture de décembre.

L'élimination progressive de la prime automobile, la fin d'autres mesures de soutien et la poursuite de la hausse du chômage contribueront à une atonie de la demande intérieure que ne compenseront pas les exportations, explique l'institut dans sa dernière note intitulée "Une demande sans tonus en Europe".

"Nous n'avons pas changé notre appréciation de la situation économique, la convalescence se prolonge", a déclaré Sandrine Duchêne, chef du département de la conjoncture, lors d'une conférence de presse.

"Les enquêtes de conjoncture qui ont eu tendance à s'aplatir ces derniers mois donnent toujours des signaux mitigés : pas de franche accélération mais pas non plus de rechute".

ATONIE DE LA CONSOMMATION

D'un point de vue comptable, le ralentissement de la croissance au premier trimestre s'expliquera par le contrecoup de la prime à la casse tant sur la consommation que sur la production industrielle, mais aussi par un effet stocks moins favorable pour les entreprises et la fin de la campagne de vaccination contre la grippe A qui avait dopé les dépenses publiques de santé.

Au-delà, l'atonie de la consommation des ménages est la principale préoccupation de l'Insee.

Après une hausse de 0,8% en 2009, ses conjoncturistes voient les dépenses de consommation des ménages augmenter de seulement 0,1% au premier trimestre puis reculer de 0,2% au deuxième.

Le pouvoir d'achat, qui avait augmenté de 2,2% en 2009 grâce aux mesures de soutien et à la désinflation, ne progresserait plus que de 0,1% au premier trimestre et de 0,3% ensuite, pour un acquis de 1,0% à fin juin.

"La demande privée qui est la clé d'une reprise pérenne et autonome peine à s'affermir parce que la dynamique des revenus est toujours peu robuste. La France ne fait pas exception à un scénario européen global", a souligné Sandrine Duchêne.

L'Insee anticipe parallèlement un ralentissement des exportations, du fait d'une demande mondiale moins forte après son rebond de la fin 2009 et aussi des effets décalés de l'appréciation de l'euro sur la compétitivité des entreprises.

REPRISE HÉSITANTE DE L'INVESTISSEMENT

La faiblesse de la demande et un taux d'utilisation des capacités industrielles toujours bas à 73%, à 10 points de sa moyenne de longue période, empêcheront tout redressement rapide de l'investissement qui devrait encore reculer de 0,4% au premier trimestre.

Dans ces conditions, l'emploi restera déprimé et l'Insee voit encore 80.500 destructions de postes au premier semestre dans les secteurs principalement marchands, après 257.000 en 2009 et quelque 600.000 depuis le début de la crise. Ces pertes d'emplois contribueraient à pousser le taux de chômage à 9,8% en France métropolitaine à la fin juin contre 9,6% actuellement.

Mais l'institut de la statistique voit quelques raisons d'espérer.

Les moindres destructions d'emplois pointent vers une stabilisation du marché du travail tandis que l'inflation sous-jacente (hors énergie, produits frais et tarifs publics) devrait ralentir à 1,4% fin juin contre 1,8% à la fin 2009.

Surtout, l'Insee annonce un redémarrage timide - de 0,4% - de l'investissement des entreprises au deuxième trimestre après huit trimestres consécutifs de baisse, et l'investissement des ménages en logement se stabiliserait également.

L'euro qui s'est déprécié face au dollar depuis le début de la crise grecque en février pourrait par ailleurs favoriser les exportations.

Les prochaines prévisions conjoncturelles de l'Insee, en juin, porteront sur l'ensemble de 2010.

Edité par Yves Clarisse