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L'insécurité économique, "un des ferments" du populisme, selon Daniel Cohen

L'économiste était invité de 12H, l'Heure H, sur BFM Business. L'occasion de revenir sur son nouveau livre "Les Origines du populisme" (Seuil), coécrit avec Yann Alga, Elizabeth Beasley et Martial Foucault.

Le populisme, c'est la thématique du dernier ouvrage de l'économiste Daniel Cohen, invité ce jeudi sur le plateau de 12H, l'Heure H. L'occasion de revenir sur l'impact de l'économie dans l'émergence des courants populistes, notamment en France. "Il faut distinguer ce qui vient de l'économie et ce qui ne vient pas de l'économie" explique le directeur du département d'économie de l'Ecole Normale Supérieure. "Ce qui nous intéressait, c'est de voir jusqu'où l'économie peut aller et à partir de quoi il faut faire autre chose qu'une analyse économique de la situation."

"Pour comprendre le ressentiment d'un certain nombre d'électeurs aussi bien à gauche qu'à droite" poursuit-il, "l'insécurité économique apparait comme vraiment un des ferments impossibles à ignorer de ce mécontentement, par rapport, par exemple, aux partis politiques traditionnels".

Mais l'économie ne fait pas tout, indique Daniel Cohen. "Dès qu'on essaie d'aller au-delà et de comprendre ce qui distingue l'extrême-gauche de l'extrême-droite -pour le dire un peu bêtement comme cela-, l'économie ne suffit plus" insiste-t-il. "Là, il faut aller vers le culturel, presque aborder une dimension anthropologique du rapport des électeurs à la société pour comprendre, qu'en effet, du côté de la gauche et du côté de la droite, ce n'est pas du tout le même ressentiment qui s'exprime."

Thomas Leroy