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L'Europe va se doter d'une Autorité du Travail pour encadrer la mobilité des travailleurs

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne - John THYS / AFP

Le Conseil et le Parlement européen se sont mis d'accord sur la création d'une Autorité européenne du Travail afin de faciliter et encadrer la mobilité d'un pays à l'autre de millions de travailleurs au sein de l'Union européenne. Les eurodéputés devront valider ce projet.

"Cette nouvelle instance vise à aider les États membres à mettre en oeuvre les actes juridiques de l'UE dans les domaines de la mobilité de la main d'oeuvre dans l'Union et de la coordination de la sécurité sociale", a expliqué, dans un communiqué, le Conseil de l'UE, présidé par la Roumanie. Cette Autorité européenne du Travail aura notamment pour mission de "fournir des informations aux salariés et aux employeurs" concernant la mobilité au sein de l'UE.

Cet accord entre le Conseil qui représente les Etats membres et le Parlement européen doit encore recevoir l'aval formel des Etats membres et des eurodéputés. Selon les données des institutions européennes, près de 17 millions d'Européens vivent ou travaillent dans un autre Etat membre que le leur, un nombre qui a doublé en dix ans.

"Eradiquer les cas d'esclavage moderne"

La Commission européenne, qui est à l'initiative des lois dans l'Union européenne, avait proposé en mars 2018 la création d'une telle autorité européenne du Travail destinée notamment à soutenir la coopération entre les agences nationales pour lutter contre certains abus favorisant le dumping social.

"Aujourd'hui, nous faisons un grand pas en avant dans la concrétisation de notre engagement en faveur d'une Europe plus sociale", s'est réjoui Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne dans un communiqué.

L'eurodéputée écologiste française Karima Delli a estimé que "face aux abus, la mise en place d'une Autorité européenne était nécessaire". "L'Union européenne agit enfin pour que les droits des travailleurs au sein de l'UE soient respectés et que la libre circulation demeure une réelle opportunité", s'est-elle réjouie. "Il est maintenant demandé à l'Autorité européenne du travail d'assurer un respect strict des lois du travail, de contrer l'exploitation et d'éradiquer les cas d'esclavage moderne au niveau européen", a insisté le député socialiste bulgare Georgi Pirinski.

avec AFP