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L'ébouriffant nouveau ministre grec des Finances

Yanis Varoufakis compte 129.000 followers sur Twitter

Yanis Varoufakis compte 129.000 followers sur Twitter - Aris Messinis - AFP

Yanis Varoufakis (53 ans) a été nommé ministre des Finances de la Grèce ce mardi 27 janvier. Portrait express de cet économiste iconoclaste qui casse tous les codes du politiquement correct.

Un ministre des Finances atypique pour un gouvernement atypique. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a, ce mardi 27 janvier, formé son équipe gouvernementale. Et pour le poste clef des Finances, le leader du parti anti-austérité Syriza a misé sur... Yanis Varoufakis.

Un choix qui détonne. A la fois grec et australien (il a la double nationalité), cet économiste de 53 ans a effectué ses études au Royaume-Uni, avant d'enseigner en Australie, en Grèce et aux Etats-Unis. Il avait d'ailleurs récemment quitté son poste à l'Université d'Austin pour rejoindre l'équipe de campagne d'Alexis Tsipras.

Ce profil international devrait l'aider à gérer au mieux l'épineux sujet de la dette avec les différents créanciers publics d'Athènes. Un sujet que Yanis Varoufakis connaît bien. De 2009 à 2011, il a été le conseiller du Premier ministre socialiste de l'époque, George Papandréou. Et il proposait ni plus ni moins que son pays fasse défaut sur ses engagements. Autant dire que les négociations avec la troïka risquent d'être animées, même s'il assure avoir déjà eu "un dialogue encourageant" avec Jeroen Dijsselbloem, le chef de file de l'Eurogroupe.

129.000 followers sur Twitter

C'est que Yanis Varoufakis est tout à fait dans la ligne de Syriza. Il a toujours pourfendu l'austérité. Dès 2010, alors professeur à l'Université d'Athènes, il expliquait dans une tribune sur le site de la BBC pourquoi les mesures d'austérité mises en place par la Grèce étaient "vouées à l'échec".

Dans la ligne du parti sur le plan idéologique mais aussi dans sa façon de faire de la politique. Yanis Varoufakis n'est pas du genre à hésiter le matin entre le costume gris ou bleu marine. Il porte des jeans et des chemises sans cravate. Si ses homologues européens n'ont pas été prévenus, ils risquent d'avoir un choc. Son look de geek version Big Bang Theory va de pair avec un incroyable activisme sur Twitter où il compte pas moins de 129.000 followers. "C'est bon à savoir!", tweete-il ainsi en réponse à un article du Daily Telegraph qui explique que le nouveau ministre des Finances grec n'est pas "un extrémiste" 

En dehors de Twitter, Yanis Varoufakis distille aussi sa pensée sur son propre blog. Et contrairement à Christian Eckert, le secrétaire d'Etat français au Budget, qui avait choisi de rentrer dans le rang une fois arrivé au gouvernement, il ne compte pas s'arrêter d'écrire. "On m'a dit que le temps de se calmer ou de se taire était arrivé. Mon but est de ne pas suivre un tel conseil", explique-t-il ainsi dans un post publié ce mardi. Il compte ainsi "continuer de mettre à jour [son] blog même si on considère qu'il est normalement irresponsable pour un ministre des Finances de se livrer à des formes des communication aussi crasseuses".

L'euro c'est comme "Hotel California" des Eagles

Son côté "2.0" se retrouve également dans ses sujets de recherche. Il cite ainsi les grands économistes libéraux Adam Smith et Friedrich Hayek dans une étude rédigée en tant que consultant pour… une entreprise de jeu vidéo. Cette dernière, Valve, est notamment connue pour avoir créé Half-life! Une fois en poste, il décrivait cette entreprise comme "le paradis de l'économiste", rapporte Gameblog.fr. Il y est pourtant resté moins d'un an (mars 2012-février 2013).

Au-delà des jeux vidéo et des internets, Yanis Varoufakis a aussi des références musicales qui risquent de décoiffer Angela Merkel ou Jean-Claude Juncker. A quoi compare-t-il par exemple l'euro? A la chanson "Hotel California" du groupe américain The Eagles. "La dernière ligne de la chanson dit "you can check out any time, but you can never leave ("vous pouvez rendre les clefs de votre chambre à n'importe quel moment, mais en fait vous ne partez jamais"). C'est du moins ce qu'il assurait sur Bloomberg Radio en mai 2012. De quoi mettre un peu d'ambiance à l'Eurogroupe.

Julien Marion