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L’avertissement de Moscovici après l’annonce de la baisse d’impôts

Pierre Moscovici rappelle à la France ses engagements auprès de la Commission européenne en termes de déficit.

Pierre Moscovici rappelle à la France ses engagements auprès de la Commission européenne en termes de déficit. - AFP - Kazuhiro Nogi

Interpellé par les annonces de baisses d'impôt, le commissaire européen aux Affaires économiques met en garde le gouvernement français sur la nécessité de tenir ses engagements en termes de déficit.

Pierre Moscovici dit "oui à une baisse impôt", mais à la seule condition que la France parvienne à atteindre la réduction du déficit. Interrogé sur le plateau de France 2 ce vendredi matin au sujet de la réduction fiscale évoquée par Manuel Valls, le commissaire européen aux Affaires économiques a insisté: "S'il y a de la marge de manœuvre pour une baisse des prélèvements obligatoires, pourquoi pas (…) Mais ce doit être compatible avec les engagements qu'a pris la France".

Le Premier ministre, qui avait indiqué mardi que l'impôt sur les sociétés serait en partie abaissé à 28% pour les petites et moyennes entreprises (PME) dans le cadre du budget 2017, a affirmé jeudi que le gouvernement allait poursuivre la baisse de l'impôt sur le revenu en 2017.

"Il n'y aura pas de nouveau délai" pour Paris

Mais la France s'est aussi engagée auprès de la Commission européenne à passer en 2017 son déficit sous la barre des 3% du Produit intérieur brut (PIB), prévoyant même de le faire descendre à 2,7%. Paris "a déjà bénéficié de deux fois deux ans de délais. Il n'y aura pas de nouveau délai", a prévenu Pierre Moscovici.

"La France choisit sa politique budgétaire. On peut faire des économies, on peut baisser les impôts. Mais il est fondamental que l'équilibre économique soit respecté et que les finances publiques soient maîtrisées", a-t-il noté. "Oui à une baisse des impôts, si elle est compatible avec un taux de croissance qui soit crédible et à une réduction des déficits qui doit se poursuivre", a-t-il ajouté.

Pour l'instant, au deuxième trimestre, la croissance de l'économie française a connu un coup d'arrêt, le produit intérieur brut étant resté stable, alors qu'il avait marqué une nette hausse au premier trimestre (0,7%). Ces mauvais résultats pourraient compliquer la tâche du gouvernement, qui a bâti son budget sur une hypothèse de croissance de 1,5% en 2016.

A.R. avec AFP