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Valls force-t-il la main de Hollande sur les baisses d'impôts?

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- - Bertrand Guay-AFP

Manuel Valls a confirmé ce mercredi une nouvelle baisse de l'impôt sur le revenu en 2017 même avec une croissance inférieure à 1,7%, condition pourtant mise par le chef de l'Etat. Un nouveau bug au sommet de l'Etat?

Manuel Valls a promis ce matin sur BFMTV que le gouvernement allait bien poursuivre la baisse de l’impôt sur le revenu l'an prochain même avec une croissance de 1,5%. Pourtant, François Hollande avait conditionné le 14 juillet dernier cette nouvelle baisse à une croissance de 1,7% en 2017 alors que son Premier ministre ne parle plus que de 1,5%. 

Est-ce à dire que Manuel Valls contredit son président, ce qui paraît peu crédible? Ou bien que l'arbitrage a déjà été fait par l'Elysée, ce qui paraît plus plausible. Il se dit que François Hollande pourrait lever le voile dans les prochains jours sur le sujet. Et expliquer ce qui s'apparente bien à un revirement.

Nouvelle estimation de croissance

En fait, l’Elysée attend la seconde estimation de la conjoncture du deuxième trimestre 2016 qui sera publiée demain matin par l’Insee pour appuyer ou non sur le bouton. La première estimation, fin juillet, avait fait l’effet d’une douche froide. Elle annonçait une croissance zero entre avril et juin. Même si la croissance a repris depuis.

L’Insee va-t-il confirmer demain ce chiffre ou le revoir à la hausse? Cette dernière hypothèse arrangerait bien l’Elysée car plus la croissance sera forte en 2016, plus elle influera sur celle de 2017 avec ce que les spécialistes appellent "l’acquis de croissance".

"Rendre du pouvoir d'achat aux Français"

En tout cas, Manuel Valls prend nettement moins de précaution que François Hollande. Dans son interview à l’Express, mercredi, il dit carrément: "le Président de la République et moi-même voulons continuer à redonner du pouvoir d’achat aux Français".

A la différence de François Hollande, il ne met pas de conditions. Et ce matin en effet, il a lancé sans prendre de précaution oratoire: "nous allons poursuivre la baisse de l’impôt sur le revenu ".

Prime d'activité et CSG

Toujours dans son interview à l’Express, Manuel Valls évoquait pourtant l’augmentation de la prime d’activité pour justement redonner du pouvoir d'achat.

Cette prime mise en place en janvier dernier en lieu et place de la prime pour l'emploi et du "RSA activité" concerne les 4,5 millions de foyers dont l’un des membres est considéré comme un travailleur pauvre comme on dit, en clair qui gagne moins de 1.500 euros par mois. Et l’exécutif veut faire de cette prime d’activité un point fort du bilan du quinquennat.

D’autres évoquent toujours une baisse de la CSG pour les retraites modestes. Comme le secrétaire d’Etat aux relations avec le parlement, Jean-Marie Le Guen, qui l'a dit, hier, mercredi 24 août sur BFMBusiness. Mais là encore, il s’agit d’une mesure ciblée sur une partie de l’électorat. Elle ne concerne pas les classes moyennes.

Mais il faudra choisir: on ne peut pas à la fois baisser encore l’impôt sur le revenu, baisser la CSG des retraités et augmenter la prime d’activité. Avec 2 milliards à distribuer, on ne peut pas tout faire!

P.C