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Les promesses de baisse d'impôts de Sarkozy sont-elles crédibles?

Le candidat propose un choc fiscal de 25 milliards

Le candidat propose un choc fiscal de 25 milliards - Lionel Bonaventure-AFP

Nicolas Sarkozy vient d'annoncer sa candidature à la primaire de l’opposition. Et il veut faire la différence avec ses rivaux grâce à une baisse massive et rapide des impôts d’au moins 25 milliards. Electoraliste ou réaliste ?

Le choc fiscal est la mode chez les présidentiables. Dimanche, c’est Arnaud Montebourg qui promettait s’il succédait à François Hollande d’annuler les hausses d’impôts décidées par ce dernier pour les contribuables modestes et moyens. Le héros du "made in France" a oublié au passage de dire que ces contribuables ont déjà vu leur impôt sur le revenu baisser depuis 2014.

Mais le vrai choc fiscal -un choc à 25 milliards d'euros- c’est celui que propose Nicolas Sarkozy. Tous les prélèvements ou presque y passent: l’impôt sur le revenu réduit de 10%, les revenus financiers qui bénéficieraient à nouveau d’un prélèvement libératoire, l’SF rayé d’un trait de plume.

Par rapport à ses propositions du début de l’année, l’ancien président a même rajouté la quasi-suppression des droits de succession puisqu’ils seraient exonérés d'impôt jusqu’à 400.000 euros par part.

Sarkozy ignore la TVA

Finalement, il n’y a qu’un impôt qui échappe au sécateur de Nicolas Sarkozy: la TVA ! Alors qu'Alain Juppé ou François Fillon n’hésitent pas à promettre de l’augmenter de 1 à 3 points pour financer les baisses de charges sociales. Mais Nicolas Sarkozy n’a visiblement pas envie de raviver le débat sur cette TVA dite sociale.

On le comprend. Deux mois avant la fin de son quinquennat, il avait fait voter une baisse de charges sociales compensée par le passage du taux normal de TVA de 19,6 à 21,2%. Une mesure qui lui a coûté des voix aux élections et que François Hollande à peine élu à sa place a fait annuler.

7 milliards de baisse de l'IR

Mais la baisse immédiatement de 10% de l’impôt sur le revenu, soit 7 milliards, est-elle crédible? Certes, cette baisse serait votée dès l’été prochain mais ne s’appliquerait qu’aux revenus 2018. A la différence de l’hypothétique baisse d’impôt de 2 milliards que pourrait décider François Hollande dans les prochains jours qui, elle, s’appliquerait dès 2017.

Nicolas Sarkozy peut donc faire le pari que la croissance sera plus vigoureuse en 2018 qu’en 2017. Il le faudra car lorsqu'on additionne 7 milliards de baisse d’impôt sur le revenu aux 5,5 milliards que représenterait la suppression de l’ISF, Sarkozy devra déjà trouver plus de 12 milliards pour boucler le premier budget de son éventuel second quinquennat.

Effet ciseaux

C’est là que Sarkozy sort son arme fatale: la baisse des dépenses publiques de 100 milliards d'ici à la fin 2022. Sauf que les mesures d’économies si justifiées soit-elle comme par exemple sur les retraites, ne produiront leurs effets qu’à moyen terme.

En clair, le choc fiscal de Nicolas Sarkozy, revient, pour, le début de son quinquennat, à moins de recette, presque autant de dépenses et donc plus de… déficit.

P.C