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Retraite, fiscalité, chômage: le programme économique de Sarkozy

Nicolas Sarkozy propose de réduire l'impôt sur le revenu de 10%

Nicolas Sarkozy propose de réduire l'impôt sur le revenu de 10% - Lionel Bonaventure - AFP

L'ex-président de la République a officialisé lundi sa candidature à la primaire de la droite dans un livre programme intitulé "Tout pour la France". Sur le plan économique, il propose une baisse de 10% de l'impôt sur le revenu ou encore le report de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans.

Nicolas Sarkozy est désormais officiellement en lice. L'ex-président de la République a annoncé sa candidature à la primaire de la droite et du centre dans un livre-programme intitulé "Tout pour la France". Un livre qui trace la feuille de route du candidat, avec notamment des propositions choc sur l'immigration mais aussi sur l'économie.

Nicolas Sarkozy souligne sur son site internet vouloir relever le défi "de la compétitivité", c'est-à-dire "restaurer les marges de manœuvre indispensables pour affronter la compétition mondiale afin que la France redevienne une puissance économique".

Pour y parvenir, Nicolas Sarkozy s'appuie sur un cocktail de mesures allant de la réduction de la fiscalité qui pèse sur les ménages à la retraite à 64 ans. Voici les principales propositions.

> Fiscalité des ménages

Nicolas Sarkozy compte clairement alléger l'imposition des ménages. Comme quasiment tous les autres candidats à la primaire à droite, Il s'engage à supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune qui touche les personnes dont le patrimoine dépasse 1,3 million d'euros. Il souhaite également réduire de 10% l'impôt sur le revenu dès juillet 2017. Le coût de la mesure, déjà évoquée par l'ex-président, avait été évalué à 7 milliards d'euros.

Nicolas Sarkozy souhaite en outre exonérer les successions en ligne direct jusqu'à 400.000 euros.

> Fiscalité des entreprises

L'ex-président de la République compte instaurer un dispositif "zéro charge" sur les Smic et les bas salaires.

Pour encourager les heures supplémentaires, il propose également de créer "un nouveau barème pour les cotisations patronales entre 35 et 39 heures". Il s'agit ainsi de baisser les charges patronales au-delà de la 35ème heure "afin d'inciter les entreprises à augmenter leur temps de travail".

Nicolas Sarkozy veut par ailleurs transformer le CICE de François Hollande en "une baisse de charges durables", qui se traduirait par une réduction de l'impôt sur les sociétés de 33,33 à 30%

> Organisation du travail

Nicolas Sarkozy compte rétablir les heures supplémentaires défiscalisées, mesure qu'il avait introduite en 2007 avant qu'elle ne soit abrogée par la gauche.

Par ailleurs, l'ex-président souhaite, selon Le Figaro, permettre à chaque entreprise de pouvoir négocier elle-même son temps de travail, à condition qu'elle obtienne l'accord des salariés, soit avec les représentants syndicaux, soit via un référendum, et qu'elle paie les heures supplémentaires travaillés. Ce qui revient, de facto, à supprimer les 35 heures en tant que durée légal du travail à proprement parler.

Toujours sur le temps de travail, il entend faire passer l'ensemble des agents de la fonction publique à 35 heures minimum, voire passer à 37 heures dans la fonction publique d'État.

> Retraite

Contrairement à plusieurs autres candidats à la primaire de droite, Nicolas Sarkozy ne compte pas reculer l'âge légal de la retraite à 65 ans, mais à 64 ans (contre 62 ans à l'heure actuelle). "65 ans soulèvera tellement d'opposition que le Président qui voudra le mettre en place négociera en contrepartie un calendrier de mise en œuvre lointain, sans compter toutes les contreparties multiples qui seront concédées pour faire accepter aux Français l'âge de 70 ans pour ceux qui n'auront pas tous leurs trimestres", justifie-t-il selon Le Figaro.

> Chômage

Là encore Nicolas Sarkozy avait déjà annoncé la couleur en février dernier. Pour inciter à la reprise d'emploi, l'ex-président propose une dégressivité des allocations chômage, avec une réduction de 20% au bout de 12 mois, et de 20% supplémentaires au bout de 18, sans toucher à la durée maximale d'indemnisation. En outre, il propose de confier le pilotage de l'Unédic, l'organisme gérant l'assurance-chômage, à l'État et non plus aux partenaires sociaux.

> Dépenses publiques

Nicolas Sarkozy cible une réduction des dépenses publiques de "100 milliards d'euros sur le prochain quinquennat", à la fois pour financer les baisses d'impôts citées plus haut mais aussi pour réduire l'endettement. En février 2016, il expliquait que le but était de se rapprocher du chiffre de 50% du PIB alors que la dépense publique française se situe aux alentours de 57% actuellement.

Dans cette logique, il entend supprimer 300.000 postes dans la fonction publique en cinq ans, sans pour autant toucher aux effectifs des forces de sécurité.

J.M.