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L'Assemblée nationale valide l'aide française à la Grèce

LE SAUVETAGE DE LA GRÈCE

LE SAUVETAGE DE LA GRÈCE - -

PARIS - Les députés ont adopté dans la nuit de lundi à mardi le volet français du plan de soutien à la Grèce, qui prévoit jusqu'à 16,8 milliards...

PARIS (Reuters) - Les députés ont adopté dans la nuit de lundi à mardi le volet français du plan de soutien à la Grèce, qui prévoit jusqu'à 16,8 milliards d'euros de prêts sur trois ans pour sauver Athènes de la faillite.

Le Sénat votera jeudi et vendredi sur ce projet de loi de finances rectificative, qui valide 3,9 milliards d'euros de prêts en 2010 à un taux fixe de 5%.

Le texte a été adopté à main levée en présence d'une vingtaine de députés restés dans l'hémicycle jusqu'à mardi 01h30, au terme de débats prolongés par la vingtaine d'amendements du communiste Jean-Pierre Brard.

Les socialistes ont voté avec la majorité en faveur du texte. Le groupe communiste et le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan ont voté contre.

BANQUES

L'engagement français, un "impératif moral et économique" pour la ministre de l'Economie Christine Lagarde, s'inscrit dans le cadre du plan de soutien des pays de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI).

La part de la France dans l'aide promise par les pays de la zone euro - 80 milliards d'euros - correspond à sa quote-part (21%) dans le capital de la Banque centrale européenne (BCE).

Le FMI ajoutera 30 milliards à ce plan de 110 milliards d'euros, visant à couvrir les besoins d'Athènes jusqu'en 2012.

En échange de l'aide, la Grèce s'est engagée à mener un nouveau plan d'austérité pour rapidement réduire son déficit public.

Le gouvernement a promis, lors des débats, d'informer la commission des Finances tous les trois mois sur l'avancement de l'aide et du plan grec.

Les exigences imposées aux Grecs ont suscité l'ire des députés communistes, qui ont voté contre un plan qu'ils jugent inéquitable.

Il ne s'agit pas de sauver la Grèce, a dit Jean-Pierre Brard, mais de "sauver les créanciers de la Grèce sans qu'ils aient à financer les produits de leurs propres turpitudes", citant nombre de banques et les "marchands d'armes" qui seraient exposés à la dette grecque.

Le Nouveau Centre s'est également interrogé sur la contribution des banques à cet effort, sans obtenir de réponse précise du gouvernement.

Les banques participeront à l'effort collectif, a assuré Christine Lagarde devant les députés, rappelant l'engagement pris par l'Institute of international finance (IIF) qui regroupe l'ensemble des grandes institutions financières.

TAUX A 5%

"Nous avons pour impératif la réactivité car c'est la stabilité de la zone euro qui est en jeu, pour la première fois de son histoire", a dit la ministre de l'Economie en présentant le collectif budgétaire.

Le Parti socialiste a voté en faveur de l'aide, justifiant là son statut de parti de gouvernement selon François Baroin. "C'est une attitude responsable, respectable et que le gouvernement salue à la juste hauteur de cette solidarité", a dit le ministre du Budget.

La gauche a cependant protesté contre le taux d'intérêt des prêts, fixé à 5% alors que Paris et Berlin, en particulier, empruntent sur les marchés à des taux bien inférieurs.

Ce point ayant été fixé entre les pays européens, le Parlement ne peut le modifier. Christine Lagarde a opposé une fin de non recevoir à la demande du groupe socialiste qui souhaitait que la France et l'Allemagne prêtent dans des conditions plus favorables.

Le taux "pose problème, car on pense qu'entre punir un pays et l'aider, il faut définitivement choisir", a dit Jérôme Cahuzac, président socialiste de la commission des Finances.

Pour Christine Lagarde, il "constitue la rémunération du risque grec (...) Les prêts sont effectués à des taux non concessionnels longuement débattus afin d'inciter la Grèce à retourner sur les marchés le plus rapidement possible", a-t-elle dit.

Le taux fixe de 5% correspond peu ou prou au taux variable de 3,75% auquel prête le FMI, a affirmé la ministre.

Elle a par ailleurs réaffirmé lors des débats son souhait de tirer les conséquences de la crise grecque en revoyant la régulation et la gouvernance économique de la zone euro.

Clément Guillou et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse