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JO, réforme de Paris, présidentielle: que veut vraiment Anne Hidalgo?

Anne Hidalgo s'est ralliée sur le tard à la candidature de Paris pour les JO de 2024.

Anne Hidalgo s'est ralliée sur le tard à la candidature de Paris pour les JO de 2024. - Thomas Samson-AFP

La maire de Paris est sur tous les fronts: elle présente ce mercredi le projet des JO de 2024 à Paris et va ensuite rencontrer Manuel Valls pour le persuader de faire voter la réforme du statut de Paris avant la présidentielle. Une élection où elle ne veut pas simplement jouer les potiches.

Anne Hidalgo est sur tous les fronts. Aujourd’hui, elle se fait la championne de la candidature de Paris pour les JO de 2024, faisant oublier au passage qu’elle n’avait pas manifesté un grand enthousiasme lorsque François Hollande avait lancé l’idée.

Et dans les prochains jours, elle doit rencontrer officiellement Manuel Valls pour le persuader de faire inscrire à l’ordre du jour du Parlement sa réforme du statut de Paris. Une réforme qu’elle a fait approuver lundi 15 février par le Conseil municipal de la capitale. Son objectif est qu'elle entre en vigueur avant 2017. 

Mieux que Chirac

Mais que veut exactement Anne Hidalgo? Sans remonter à Etienne Marcel, le premier maire de Paris au XIVè siècle qui s’opposait déjà au roi Charles V, Anne Hidalgo va sans doute réussir là où Jacques Chirac, qui a dirigé la mairie de Paris pendant 25 ans, n’a pas abouti. C’est-à-dire donner plus de pouvoirs à la capitale au détriment de l’État.

Paris devrait ainsi récupérer les compétences détenues par le préfet de police en matière de circulation, de stationnement, et de gestion des taxis. Même si l’État garderait quand même ses pouvoirs de police. Hidalgo veut aussi fusionner la ville et le département de Paris. 

Mais le débat parlementaire s’annonce corsé à quelques mois des élections. L’opposition va en effet accuser Hidalgo de charcutage électoral pour garder Paris à gauche en 2020. Le projet de la maire prévoit en effet de fusionner les quatre petits arrondissements centraux de la capitale (1er, 2e, 3e et 4e) avec un seul maire à leur tête.

Objectif 2021?

Mais Anne Hidalgo n’a-t-elle pas d’autres ambitions, plus personnelles? On lui prête en tout cas le désir de peser dans la campagne présidentielle de 2017, voir de devenir un ministre important si François Hollande est réélu. En attendant la présidentielle de 2022 où certains imaginent déjà qu’elle puisse participer à une primaire socialiste.

Et si l’on regarde les enquêtes d’opinion, on constate qu’elle dispose d’une bonne cote à gauche dans le registre gauche de la gauche, un peu comme Martine Aubry mais en plus jeune. Au point d’énerver d’ailleurs François Hollande et Manuel Valls.

Il faut dire qu’elle ne manque pas une occasion de critiquer la politique de l’exécutif. Que ce soit sur la déchéance de nationalité, qu’elle conteste, sur le travail du dimanche où cette ancienne inspectrice des impôts a pris la tête d’une croisade anti-loi Macron. En tout cas, ce sera dur pour l’Élysée de faire comme si elle n’avait pas pris de poids politique…

P.C