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Jean-Marc Ayrault va jouer les VRP au Canada

Jean-Marc Ayrault terminera sa visite par Quebec, le 16 mars.

Jean-Marc Ayrault terminera sa visite par Quebec, le 16 mars. - -

Le Premier ministre se rend en visite officielle au Canada et au Québec du 13 au 16 mars. Accompagné de 5 ministres et d'une vingtaine de chefs d'entreprise, il veut promouvoir les atouts économiques de la France.

C'est à Ottawa que le Premier ministre va entamer, ce mercredi 13 mars, sa visite première visite officielle au Canada, pour la terminer le 16 mars par Québec. Jean-Marc Ayrault se déplace en force : il est accompagné de cinq membres de son gouvernement, Pierre Moscovici, Benoît Hamon, Delphine Batho, Valérie Fourneyron, Yamina Benguigui, ainsi que d'une délégation de 25 chefs d'entreprise.

Un déplacement quasi-obligatoire pour un responsable politique français en raison des liens qui unissent l'Hexagone et le Canada et plus particulièrement avec la "Belle province". Mais le chef du gouvernement compte profiter de son déplacement pour renforcer les liens économiques entre les deux pays. Car la France n'est que le 8ème partenaire commercial du Canada et son 3eme partenaire européen.

Le Canada fait surtout appel aux produits pharmaceutiques français, aux biens en aéronautiques, aux équipements mécaniques et électriques (bulldozers, matériel de pompage...). Mais les Canadiens sont aussi friands de boissons (vins, alcool, eaux minérales), de produits de beauté, et enfin de livres et journaux provenant de France. Les exportations se sont élevées à 5,5 milliards de dollars canadien en 2011 (soit 4,1 milliard d'euros), en progression de 2%.

Une forte demande des secteurs de pointe

Quant au marché français, il est demandeur de "produits finis canadiens à haut contenu technologique et forte valeur ajoutée" selon le ministère des Affaires étrangères et du commerce international canadien. Plus de la moitié des importations sont issues de secteurs de pointe comme l'aéronautique (avions, turbo-réacteurs, pièces…), les outils de mesure, équipements mécaniques (engrenages, pompes...).

A cela s'ajoute des produits bruts, comme des combustibles minéraux, des minerais, des métaux, de la pâte à papier ou encore de l'uranium. La totalité de ces exportations se sont élevées à 3,1 milliards de dollars (2,3 milliards d'euros) en 2011.

Le fromage, source de conflit

Mais ces échanges sont amenés à s'intensifier d'au moins 20%, grâce à la signature de l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AECG). Cet accord de libre-échange pourrait apporter 11,6 milliards d’euros au PIB de l’UE et 9,32 milliards d’euros au PIB canadien.

Mais les négociations amorcées en 2009 peinent à aboutir. Ottawa et Bruxelles ont en effet du mal à s'entendre sur la protection de l’investissement, la législation des marchés publics et de la propriété intellectuelle, tout particulièrement dans le secteur pharmaceutique. Même la production agricole a été un point de discorde, l'UE voulant notamment augmenter ses importations de fromage.

Les deux parties comptent aplanir ces dernières difficultés et misent sur une signature de l'accord avant la fin de l'année. Pour le Canada, cet accord de libre-échange sera le deuxième en terme d'importance signé tout juste derrière celui il y a une vingtaine d'année en 1994 avec les Etats-Unis et le Mexique.

Coralie Cathelinais