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Hollande: "Il y a aux États-Unis un excès de pouvoir pour récupérer l'argent"

François Hollande veut que l'Europe dispose des mêmes pouvoirs de sanctions

François Hollande veut que l'Europe dispose des mêmes pouvoirs de sanctions - Stéphane de Sakutin - AFP

Le président de la République peste, dans une interview à l'Obs, sur la politique de sanction des autorités américaines contre les groupes européens. Il veut que l'UE dispose des mêmes pouvoirs.

François Hollande tape du poing. Le président de la République a critiqué les sanctions américaines contre la Deutsche Bank et d'autres entreprises européennes, déplorant "un excès de pouvoir pour récupérer de l'argent et une insuffisance de pouvoir pour faire la paix", dans une interview à L'Obs à paraître jeudi.

Comme on lui demandait si ces sanctions et celles prononcées contre d'autres grandes entreprises européennes et françaises traduisaient un pouvoir excessif des Américains, le chef de l'État a répondu sans ambages : "Oui".

"C'est pourquoi je veux que l'Europe dispose des mêmes pouvoirs pour sanctionner des groupes américains", a-t-il ajouté, relevant que "quand la Commission poursuit Google ou des géants du numérique qui ne payent pas les impôts qu'ils devraient acquitter en Europe, l'Amérique s'offusque".

Une politique américaine "sans aucune gêne"

"Elle est pourtant sans aucune gêne quand il s'agit de demander 8 milliards à la BNP ou 5 milliards à la Deutsche Bank" et "c'est pour ces raisons que j'avais dit qu'il ne peut pas y avoir d'accord sur le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP) tant que perdureront ces déséquilibres dans les relations et ce défaut de réciprocité", fait-il valoir.

La Deutsche Bank est menacée par une amende record (14 milliards de dollars) du département américain de la Justice pour avoir vendu des crédits immobiliers "subprime" responsables de la crise financière. Ce montant pourrait toutefois être ramené à 5,4 milliards de dollars, selon une source proche du dossier.

J.M. avec AFP