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Hollande en Inde : un marché pour les entreprises françaises ?

L'Inde est un marché appétissant pour les groupes étrangers, mais le chemin pour s'y implanter est semé d'embûches

L'Inde est un marché appétissant pour les groupes étrangers, mais le chemin pour s'y implanter est semé d'embûches - -

Le président français se rend en visite officielle à New Dehli les 14 et 15 février avec une soixantaine de chefs d'entreprises françaises. L’occasion pour eux de se positionner sur un marché qui se libéralise.

François Hollande se rend en Inde jeudi 14 et vendredi 15 février. Une visite d'Etat sur fond de business, puisqu'une soixantaine de chefs d'entreprises françaises fait partie de la délégation. Ils veulent se positionner sur un marché indien qui libéralise ses secteurs.

Le signal a été lancé en septembre dernier, quand le gouvernement indien a décidé d’importantes mesures pour attirer les investisseurs étrangers. La réforme la plus symbolique, et sensible vis-à-vis d’une opinion publique qui y était très hostile : New Dehli a ouvert ses portes aux acteurs étrangers de la grande distribution. Ikea vient ainsi d'obtenir le feu vert des autorités. Carrefour ou Wall Mart sont déjà positionnés à travers des magasins de gros.

Plus globalement, que ce soit dans l’aéronautique, l’assurance ou l’énergie, les règles s'assouplissent dans tous les secteurs. Les industriels étrangers vont désormais pouvoir profiter d’un marché gigantesque. Avec 1,2 milliard d’habitants, dont 200 millions appartiennent à la classe moyenne, il y a de quoi faire.

La croissance indienne en baisse

Mais comme le rappelle Alexis Karklins, responsable des pays émergents chez Ernst&Young, les obstacles sont nombreux. Il cite en particulier la "qualité d’infrastructure insuffisante", qu’il s’agisse des "routes, de l’accès à l’eau, du système électrique"… Alexis Karklins évoque également la "corruption" endémique, et les "pesanteurs administratives" qui font que les processus de décision sont relativement longs et que l’obtention de permis prend du temps.

Ces carences pèsent sur la croissance indienne, qui régresse dangereusement. L’économie s'est libéralisée il y a vingt ans, mais aucune réforme n'a été menée depuis ce temps. Standard and Poor's a d’ailleurs tiré la sonnette d'alarme en juin 2012, menaçant de dégrader la note de l'Inde en catégorie spéculative.

Le gouvernement a réagi rapidement. Il a entamé un vaste plan de coupes budgétaires pour réduire son déficit élevé. En parallèle, il vient donc d'ouvrir des secteurs aux investisseurs étrangers.

Mathieu Jolivet et BFMbusiness.com