BFM Business

Grexit temporaire: pour Sapin, Schäuble "se trompe"

Michel Sapin partage avec Wolfgang Schäuble la volonté  "de renforcer la gouvernance de la zone euro en matière de politique économique".

Michel Sapin partage avec Wolfgang Schäuble la volonté "de renforcer la gouvernance de la zone euro en matière de politique économique". - Lionel Bonaventure- AFP

Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a évoqué, dans un journal allemand, son désaccord avec son homologue allemand au sujet du Grexit. L'entente franco-allemande n'était pour autant "pas brisée".

Alors que la Grèce et ses créanciers ont conclu un accord le 13 juillet pour négocier un troisième plan d'aide au pays, les esprits ne se sont toujours pas apaisés. Le ministre des Finances Michel Sapin est revenu sur ses divergences avec son homologue allemand, Wolfang Schäuble concernant le Grexit.

"Je crois que M. Schäuble se trompe et rentre même en contradiction avec sa volonté profondément européenne. Cette volonté, c'est aussi la mienne, consiste à renforcer la zone euro", ce qui exclut une sortie temporaire de l'euro, explique Michel Sapin, selon le texte allemand de l'interview à paraître lundi 3 août dans le quotidien allemand des affaires Handelsblatt.

"un désaccord clair"

Parler actuellement d'un Grexit, comme l'avait avancé Wolfgang Schäuble lors des négociations mi-juillet à Bruxelles, n'est "pas réaliste", a-t-il estimé, disant toutefois respecter la position du ministre allemand, qui n'est pas une position "tactique" mais "de conviction".

"Sur ce point (du Grexit), il y a un désaccord, un désaccord clair", a encore déclaré le ministre français au journal, jugeant toutefois que l'entente franco-allemande n'était pour autant "pas brisée" et évoquant la volonté, partagée avec Wolfgang Schäuble, "de renforcer la gouvernance de la zone euro en matière de politique économique". Mais "si vous autorisez (qu'un pays) puisse sortir temporairement, cela signifie que tout autre autres pays en difficulté vont vouloir se tirer d'affaire par un réajustement de sa monnaie", a encore justifié Michel Sapin.

Privilégier les reformes structurelles

Or, le principe d'une monnaie commune implique qu'on "ne surmonte pas une difficulté par des manipulations des taux de change mais par des réformes structurelles qui renforcent la compétitivité et débouchent, à force d'efforts, sur un budget équilibré", a-t-il fait valoir.

Vendredi, le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, a eu son premier rendez-vous avec les hauts représentants des créanciers en charge d'élaborer le troisième plan d'aide, dont le FMI, qui participe aux discussions même s'il ne s'associera pas dans l'immédiat à ce nouveau renflouement. Le gouvernement grec veut finaliser d'ici la mi-août l'accord sur un nouveau prêt de trois ans d'un montant de plus de 82 milliards d'euros.

C.C. avec AFP