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Gilets Jaunes : Philippe suspend ses mesures fiscales pour 6 mois

Edouard Philippe - Image d'illustration

Edouard Philippe - Image d'illustration - Alain Jocard - AFP

Pour tenter de neutraliser la crise des « gilets jaunes », le Premier ministre a annoncé ce mardi à la mi-journée plusieurs mesures. Il renonce entre autres, pendant six mois, à la hausse de la taxe carbone, ainsi qu’à la convergence de la taxation du gasoil sur l'essence.

Ce mardi 4 décembre, Edouard Philippe s’est exprimé à la télévision. Son ambition ? Faire en sorte d'apaiser la situation plus de deux semaines après la première journée de mobilisation des gilets jaunes.

Parmi les principales mesures évoquées, le Premier ministre a annoncé :

- La suspension de la hausse de la taxe carbone, de la convergence diesel-essence et de la hausse de la fiscalité sur le gazole entrepreneur non routier pendant six mois. 

- Avoir renoncé pour une durée de six mois également, à l’alourdissement des conditions de contrôle technique sur les automobiles prévu dès 2019.

- Avoir reculé quant à l'idée d'augmenter les tarifs de l’électricité d’ici mai 2019. 

Dans la foulée, le Premier ministre a annoncé l'ouverture prochaine d'un « large débat sur les impôts et les dépenses publiques » qui aura lieu au niveau national et sur tout le territoire. Lequel débat devra, a-t-il insisté, « déboucher sur des solutions concrètes ».

« Mettre en place le débat »

Une prise de parole qui intervient suite à l’annulation, confirmée par l’intéressé, de la réunion prévue mardi après-midi avec des gilets jaunes. Le moratoire, qui va s’étaler sur plusieurs mois, sera donc assorti d'autres mesures d'apaisement, décidées avec Emmanuel Macron et une dizaine de ministres, lundi soir.

Plus tôt dans la matinée, c’est le nouveau délégué général de La République En Marche Stanislas Guerini qui avait réclamé un moratoire sur la hausse des taxes, sur RTL. « Le temps du débat, on lève le crayon, on fait un gel (...) Il doit y avoir une pause pour mettre en place le débat », a-t-il expliqué.

Reste à savoir si cette décision, qui intervient quelques jours après une manifestation très violente à Paris, sera suffisante pour apaiser les tensions dans le pays. Un nouvel appel à manifester avait d'ailleurs été lancé avant cette annonce.

Lundi, le chef du gouvernement avait reçu les principaux responsables politiques du pays. À l'exception d'Europe Écologie-Les Verts et de Génération Écologie, tous les partis d'opposition avaient plaidé pour un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants.