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Vaccins: Emmanuel Macron pour des dons aux pays démunis mais contre la levée des brevets

Le président Emmanuel Macron, le 19 avril 2021 à Montpellier

Le président Emmanuel Macron, le 19 avril 2021 à Montpellier - Guillaume HORCAJUELO © 2019 AFP

Le chef de l'Etat a annoncé que la France allait donner au moins 500.000 doses de vaccins à des pays d'Afrique de l'ouest d'ici la mi-juin. Il a en revanche réitéré son opposition à la levée des brevets.

Emmanuel Macron a appelé vendredi les pays disposant de vaccins à les "partager" avec les pays démunis, notamment l'Afrique, mais s'est de nouveau opposé à une levée des brevets, comme le réclament l'Inde et l'Afrique du Sud, des ONG, des partis de gauche et des personnalités.

"Le temps est venu de partager" les vaccins dans le cadre du mécanisme Covax de l'OMS, a-t-il plaidé dans un message enregistré, lors d'une conférence organisée par l'OMS (Organisation mondiale de la santé) pour le premier anniversaire de l'"accélérateur-A" qui donné naissance à Covax. La France, a-t-il annoncé, vient d'envoyer ce vendredi de premières doses du vaccin AstraZeneca à des pays d'Afrique de l'ouest et donnera au moins 500.000 doses de divers vaccins d'ici mi-juin.

"On a une personne sur six qui a reçu au moins une dose de vaccin en Europe. Nous avons une personne sur cinq qui en a reçu en Amérique du Nord. Et à côté de cela, en Afrique, c'est moins d'une sur cent. C'est inacceptable", a-t-il déclaré. "J'appelle aujourd'hui tous mes confrères" des pays qui disposent de doses "à s'engager à partager". "La cible de 5%" de doses données "sera dépassée, en ce qui nous concerne, avant la fin de l'année", a-t-il affirmé.

Transfert de technologie

Il s'est en revanche opposé de nouveau à l'idée de lever temporairement les brevets sur les vaccins, comme le réclament de nombreuses ONG, syndicats et personnalités ainsi que des pays comme l'Inde ou l'Afrique du Sud, à l'instar de ce qu'a demandé le président sud-africain Cyril Ramaphosa vendredi devant l'OMS.

"Nous entendons beaucoup parler en effet de transfert ou d'absence de propriété intellectuelle. Le sujet, nous le savons aujourd'hui, n'est pas celui-là. C'est celui du transfert de technologie, de la mobilisation des capacités de production. Parce que le goulot d'étranglement est là", a affirmé le président français. "J'appelle les producteurs de vaccins à engager cette démarche", a-t-il ajouté.

Mercredi, 170 anciens chefs d'Etat ou de gouvernement -dont François Hollande, Gordon Brown ou Ellen Johnson Sirleaf- et de prix Nobel comme l'économiste américain Joseph Stiglitz ou la virologue française Françoise Barré-Sinoussi ont exhorté le président américain Joe Biden à soutenir une levée des brevets. Emmanuel Macron a plaidé en revanche pour une mobilisation des capacités de production partout dans le monde, via des accords de licence et des transferts de technologies.

"La crédibilité même du multilatéralisme en matière de santé se joue aujourd'hui dans notre capacité à livrer rapidement des doses sur le terrain: en Amérique Latine et Amérique du sud, en Afrique, entre autres, dans le Pacifique également", a conclu Emmanuel Macron, alors que les livraisons de Covax restent limitées. Grâce à Covax, quelque 40 millions de doses de vaccins ont déjà été distribuées dans 114 pays.

P.L. avec AFP