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Rosé pamplemousse, vin blanc pêche... Bientôt une taxe sur les vins d’apéritifs?

Le PLFSS prévoit de taxer les vins d'apéritifs

Le PLFSS prévoit de taxer les vins d'apéritifs - Elisa Paluan - Flickr

Un amendement voté par la commission des Affaires sociales dans le cadre du Projet de loi finances de la Sécurité sociale prévoit de taxer les boissons à base de vin type rosé pamplemousse à hauteur de 3 euros par décilitre d'alcool pur.

La Fédération française des vins d’apéritif (FFVA) tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué, elle s’inquiète de voir ces boissons à base de vins ayant des degrés d’alcool relativement faibles (moins de 10 degrés) visées par une taxe dans le cadre de l’examen du Projet de loi de finances de la Sécurité sociale 2020.

L’amendement Dufeu-Schubert voté par la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale vise en effet à étendre la taxe "premix" (boissons mélangeant alcool et boisson non alcoolisée très sucrée) aux "premix" à base de vin mais avec une taxation inférieure. Les alcools de type "vinpops" (rosé pamplemousse, blanc pêche…) seraient ainsi taxés de trois euros par décilitre d’alcool pur, là où les autres "premix" restent taxés à 11 euros.

Une taxe "loin des enjeux de santé publique"

Mais pour la FFVA, les vins d’apéritif visés "ne sont pas des premix". Elle dément l’argument de santé publique selon lequel ces boissons seraient majoritairement consommées par un public jeune:

"Il s’agirait d’une première taxe comportementale pour les Français sur des produits viti-vinicoles. Bien loin des enjeux de santé publique car les vins d’apéritif sont peu alcoolisés et peu consommés par les jeunes, cette taxe ne prend absolument pas en compte les données de consommation", regrette Aymeric de Brauvillé, président de la FFVA.

La Fédération rappelle ainsi que les vins d’apéritifs sont consommés à 80% par les plus de 35 ans, selon l’institut Nielsen. La part des moins de 35 ans parmi les consommateurs aurait par ailleurs baissé de 12% depuis l’année dernière.

Crainte d'un "effet de report sur des produits plus alcoolisées"

La FFVA précise enfin que les vins d’apéritifs "répondent à une demande des consommateurs souhaitant diminuer leur consommation d’alcool, notamment lors d’apéritifs dînatoires, tout en conservant un caractère convivial". Selon elle, cette faible teneur en alcool "représente un réel atout en matière de santé publique". Elle craint que cette nouvelle taxe ne crée un "effet de report sur des produits plus alcoolisés".

Pour être définitivement adopté dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale 2020, l’amendement Dufeu-Schubert devra être revoté dans l’hémicycle.

Paul Louis