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Pas d'évolution du point d'indice pour les fonctionnaires

La ministre de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, a estimé que "les conditions n'étaient pas réunies" pour revaloriser le point d'indice des fonctionnaires. Une décision qui provoque la colère des syndicats.

La ministre de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, a déclaré ce jeudi que les conditions n'étaient "pas réunies" pour revaloriser le point d'indice des fonctionnaires, entraînant la colère et le départ de la CGT, de FSU et de Solidaires de la réunion salariale. Pour la troisième fois cette année, la ministre et les représentant syndicaux de la Fonction publique se sont retrouvés pour évoquer les salaires et les difficultés liées au pouvoir d'achat des fonctionnaires, sur fond de hausse de l'inflation.

Dans un courrier adressé préalablement à l'ensemble des organisations syndicales et dont l'AFP a obtenu copie, la ministre leur a signifié qu'une revalorisation n'était pas à l'ordre du jour car "toutes les conditions ne semblent pas réunies". "C'est une solution de facilité utilisée par tant de gouvernements pour ne pas augmenter les bas salaires", a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse, soulignant que cela "n'aurait augmenté que d'une dizaine d'euros les agents de catégorie C", les moins bien rémunérés. Elle a défendu à ce titre les mesures ciblées prises par le gouvernement, comme la revalorisation accordée en juillet à 1,2 million d'agents de cette catégorie.

Ce qui n'a pas convaincu les syndicats, qui espéraient une augmentation générale via le dégel du point d'indice, qui sert à calculer le salaire de tous les fonctionnaires. A l'exception de deux revalorisations de 0,6% en juillet 2016 et février 2017, la valeur du point d'indice est gelée depuis 2010. La CGT, la FSU et Solidaires ont annoncé l'arrêt de leur participation au cycle de la conférence salariale.

"On parle dans le vent"

"Pendant ce quinquennat, aucune mesure générale de revalorisation salariale n'a été prise, alors même que les pertes de pouvoir d'achat sont énormes. Plus de 6% depuis 2017", ont-ils exprimé dans un communiqué de presse commun. A l'issue de ce rendez-vous salarial, la ministre a annoncé que l'indice minimum de traitement serait relevé au 1er janvier 2022, pour qu'aucun agent ne soit recruté à un indice inférieur au Smic.

"Ce sont des mesures de rattrapage seulement, qui ne sont pas du tout cohérentes face à l'inflation", a regretté Natacha Pommet, secrétaire générale de la Fédération CGT des Services publics, qui s'est cependant dite ouverte à des négociations "immédiates et sérieuses" concernant le dégel. Amélie de Montchalin a renvoyé la question d'une négociation générale sur les rémunérations et les carrières au prochain quinquennat, tout comme une consultation des employeurs publics au sujet du point d'indice.

"On considère que notre place n'est plus là. On parle dans le vent alors qu'il y a urgence", a déploré Gaëlle Martinez, déléguée générale Solidaires Fonction publique. La ministre a regretté "profondément" que des syndicats aient décidé "de ne pas participer aux débats sur le futur de notre fonction publique". Les syndicats CFDT, CFE-CGC, CFTC, FA-FP, FO et Unsa sont restés autour de la table et poursuivent les discussions. "On a décidé de ne pas boycotter. L'espoir fait vivre, si on n'a pas d'espoir, on ne se bat plus", a déclaré Pascal Kessler président de la FA-FP.

P.L. avec AFP