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Marseille: le capitaine d'un bateau de croisière risque un an de prison pour pollution de l'air

L'Azura est un bateau de croisière de la société P & O Cruises (groupe Carnival) capable de transporter plus de 3000 passagers.

L'Azura est un bateau de croisière de la société P & O Cruises (groupe Carnival) capable de transporter plus de 3000 passagers. - Wikimedia-Licence Creative Commons 3.0

Le capitaine américain du paquebot de croisière, l'Azura, est jugé ce lundi 8 octobre à Marseille pour avoir enfreint les normes antipollution de l'air, une première judiciaire. Le propriétaire du navire, le groupe américain Carnival, est aussi poursuivi.

Juger un capitaine de navire et l'armateur du bateau pour pollution de l'air. La comparution judiciaire du capitaine de L'Azura, un géant des mers qui peut accueillir jusqu'à 3000 passagers, est sans précédent sur le littoral méditerranéen et probablement en France. Outre cet homme de 58 ans, le tribunal de Marseille doit aussi juger le groupe Carnival, maison-mère de P&O Cruises, à qui appartient L'Azura. Ils doivent comparaître pour "utilisation, par un navire en mer territoriale, de combustible dont la teneur en soufre est supérieure aux normes autorisées en matière de pollution de l'air".

Le fioul maritime brûlé par le paquebot qu'il commandait avait été contrôlé le 29 mars 2018 dans le port de Marseille, dépassant les valeurs limites en soufre des normes européennes antipollution, à 1,68% quand la limite était fixée à 1,50%. Le capitaine avait été auditionné quelques jours plus tard lors d'une escale dans le Var et il avait reconnu les faits. L'emploi de fioul ne respectant pas les normes en vigueur permet en général aux compagnies de limiter leurs coûts.

Le capitaine encourt jusqu'à 200.000 euros d'amende et 1 an de prison

Le capitaine du navire incriminé risque au maximum un an de prison et 200.000 euros d'amende. Lors d'une première audience en juillet 2018, il ne s'était pas présenté. La compagnie propriétaire du paquebot avait quant à elle estimé ne rien avoir à se reprocher.

En annonçant, en avril 2018, engager des poursuites à son encontre, le procureur de la République de Marseille Xavier Tarabeux avait frappé un grand coup en matière de lutte contre la pollution atmosphérique. La pollution générée par les navires, de plus en plus gros, qui brûlent un fioul lourd et très néfaste, est un point noir dans la cité phocéenne, premier port de France et qui mise gros sur le développement des croisières.

D'une manière générale, les normes de pollution des navires seront nettement durcies à partir du 1er janvier 2020, pour tous les types de navires, avec une teneur en soufre abaissée à 0,5% pour tous.

F.Bergé avec AFP