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Loi Pacte: une majorité au Sénat vote contre la privatisation d'ADP

Le Sénat s'est opposé à la privatisation d'ADP à l'occasion du vote de la loi Pacte.

Le Sénat s'est opposé à la privatisation d'ADP à l'occasion du vote de la loi Pacte. - Charles Platiau/AFP

À l'occasion du vote de la loi Pacte, le Sénat s'est opposé à la privatisation d'ADP (Aéroports de Paris), une majorité de sénateurs Les Républicains ayant voté contre, comme la gauche.

Bruno Retailleau, le chef de file du groupe Les Républicains, qui compte le plus grand nombre de sénateurs, avait annoncé la couleur: "Nous allons nous opposer à la privatisation d'ADP". 

Le Sénat à majorité de droite s'est opposé mardi soir au projet de privatisation du groupe ADP (Aéroports de Paris), lors de l'examen en première lecture du projet de loi Pacte sur la croissance et la transformation des entreprises. La chambre haute a adopté, par 246 voix (dont LR, PS et CRCE à majorité communiste) contre 78, des amendements de suppression de l'article 44 de la loi Pacte modifiant le régime juridique d'ADP et ouvrant la voie à sa privatisation.

L'adoption du projet de loi s'en trouvera différée

Le Sénat avait entamé ce mardi la seconde semaine d'examen en première lecture du projet de loi dit Pacte sur la croissance et la transformation des entreprises, avec au programme, vraisemblablement à partir de la fin d'après-midi, le volet sur les cessions d'actifs concernant trois emblèmes nationaux: ADP, La Française des Jeux (FDJ) et Engie.

Au final, l'Assemblée nationale à majorité LREM - qui a déjà donné son feu vert en première lecture - aura le dernier mot. Supprimer du texte la privatisation d'ADP revient pour le Sénat à renoncer à tenter d'influencer sa rédaction. Elle compromet la possibilité que députés et sénateurs parviennent à se mettre d'accord sur une version commune du projet de loi en commission mixte paritaire.

C'est aussi une mauvaise affaire pour le gouvernement, pressé de voir aboutir ce texte. "Nous avons tous collectivement intérêt à ce que le texte entre en vigueur rapidement afin de soutenir l'économie française", soulignait encore la semaine dernière le ministre de l'Economie Bruno Le Maire devant les sénateurs.

Frédéric Bergé avec AFP