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La Banque de France relève un peu sa prévision de croissance à 5,75%

L'institution tablait jusqu'à aujourd'hui sur un rebond de l'activité de 5,5% pour cette année.

La Banque de France affiche son optimisme pour la croissance en revoyant à la hausse ses prévisions pour 2021.

Soutenue par une reprise forte, l'activité devrait générer une hausse de 5,75% du PIB contre +5,5% prévus initialement en mars après une récession de 8% l'an dernier.

"Sur la route de la sortie de crise, l'économie française n'est pas encore à l'arrivée, mais accélère", a commenté le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, lors d'une conférence de presse.

La croissance sera marquée par "un fort rebond aux troisième et quatrième trimestres, avec une croissance soutenue de la consommation des ménages", prédit la banque centrale française. Le niveau d'activité était resté en mai 4% en deçà de l'avant-crise, contre 6% en avril, et qu'il ne sera plus que de 3% inférieur en juin.

+4,1% pour 2022

Depuis quelques semaines, le gouvernement martèle d'ailleurs que la reprise est là et qu'elle est forte mais maintient pour le moment sa prévision à +5% par prudence. Fin mai, l'OCDE relevait également ses prévisions mondiales et pour la France à +5,8%.

Pour 2022, la Banque de France table sur une croissance de 4,1%, soit 0,3 point de plus que sa précédente estimation. Pour 2023, elle relève sa prévision de 0,4 point à 2,1%.

Le surplus d'épargne, évalué à 142 milliards d'euros fin mars, "pourrait aller jusqu'à 180 milliards d'euros à la fin de cette année", dont 20% pourraient être dépensés en 2022 et 2023, a estimé M. Villeroy de Galhau.

Ce surplus peut créer "une réserve de croissance potentielle (...) pouvant aller jusqu'à 7 points de PIB", a-t-il insisté.

La Banque de France table par ailleurs sur une inflation contenue, en dépit des tensions actuelles sur le prix de certaines matières premières.

L'inflation s'élèverait ainsi à 1,5% en 2021, "avec cependant des mouvements infra-annuels marqués, évoluant en glissement annuel entre 0,8% et 2,1%", pronostique la Banque de France. La hausse des prix redescendrait ensuite autour de 1,2% en 2023.

En dehors de l'embellie anticipée de la consommation, l'économie française connaît "une forte reprise de l'investissement qui traduit la confiance des entrepreneurs", selon la banque centrale.

Possibles augmentations des difficultés de recrutement

Sur le marché du travail, la banque centrale s'attend à des "créations nettes d'emplois assez significatives de 2021 à 2023", avec un taux de chômage qui "atteindrait 9,3% au cours du premier trimestre 2022, avant de décroître nettement en-dessous de 9% en 2023".

Les projections de la Banque de France identifient tout de même trois aléas qui pourraient menacer ce scénario optimiste, à savoir le degré d'utilisation du surplus d'épargne accumulé par les ménages durant la crise du Covid-19, "l'ampleur et la durée des tensions sur les prix des intrants" (matières premières), ainsi que "de possibles augmentations des difficultés de recrutement" redoutées par le patronat.

OC avec AFP