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Gilets jaunes: le gouvernement dit avoir pour "devoir" de transformer l'économie

Le ministre de l'Action et des comptes publics Gérald Darmanin.

Le ministre de l'Action et des comptes publics Gérald Darmanin. - Guillaume Souvant - AFP

Le gouvernement entend le "ras-le-bol fiscal" exprimé par les gilets jaunes, mais a pour "devoir" de transformer l'économie, a estimé Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des comptes publics ce dimanche.

Au deuxième jour de mobilisation des gilets jaunes contre la hausse des taxes sur le carburant, le gouvernement entend le "ras-le-bol fiscal". Mais son "devoir" est de transformer l'économie pour la rendre moins dépendante du pétrole, a affirmé dimanche le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin.

"Le gouvernement a entendu bien sûr cette manifestation, qui est importante, et qui a voulu montrer qu'il y avait un ras-le-bol fiscal", a indiqué Gérald Darmanin au micro de Radio J, tout en vantant l'action du gouvernement pour baisser les impôts.

"Qu'est-ce que nous faisons? Nous transférons une partie de la fiscalité du travail -pour que les gens soient moins taxés dans le travail, sur la pollution", a développé Gérald Darmanin, au lendemain de manifestations qui ont rassemblé près de 288.000 personnes samedi dans toute la France et se poursuivaient pour certaines dimanche.

Ces "gilets jaunes" protestent contre la hausse de la fiscalité sur les carburants et plus largement contre une perte ressentie du pouvoir d'achat.

"Bien sûr, la fiscalité écologique c'est difficile. Mais ce qui est encore plus difficile, c'est la dépendance de la France depuis 40 ans vis-à-vis des pétromonarchies du Moyen-Orient et singulièrement de l'Arabie saoudite", a argumenté le ministre supervisant l'administration fiscale.

"Cette économie carbonée est très mauvaise pour le portefeuille des Français, pour nos entreprises", a encore assuré Gérald Darmanin, en évoquant notamment le coût pour la Sécurité sociale des maladies provoquées par les particules fines rejetées par des voitures diesel. "Si on sait que c'est mauvais pour l'économie des Français et la santé des Français, il faut faire autrement", a-t-il résumé.

"Nous avons entendu cette colère mais nous voulons dire aux Français que notre devoir c'est de transformer notre économie pour ne pas qu'ils soient dépendants et que ce soit bon pour leur santé", a insisté le ministre. Gérald Darmanin a également martelé que le gouvernement auquel il appartient s'employait à abaisser la pression fiscale en général. "Nous baissons les impôts, nous baissons la taxe d'habitation, nous baissons l'impôt sur les sociétés, nous avons supprimé l'ISF, nous avons mis en place la taxation unique", a-t-il énuméré.

"Tout démontre que depuis 17 mois nous baissons les impôts dans notre pays. Peut-être que l'on ne baisse pas les impôts de ceux qui manifestent, en l'occurrence nous avons décidé de ne pas baisser l'impôt sur le revenu, mais de supprimer les impôts comme la taxe d'habitation, et toucher notamment les catégories les plus populaires. Mais nous baissons les impôts et nous continuons à le faire", a-t-il promis.

N.G. avec AFP