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General Electric paiera 50 millions d'euros de pénalités pour n'avoir créé que 25 emplois sur les 1000 promis

GE va abonder un fond de réindustrialisation doté de 50 millions d'euros, géré par la Caisse des dépôts.

GE va abonder un fond de réindustrialisation doté de 50 millions d'euros, géré par la Caisse des dépôts. - Sébastien Bozon-AFP

General Electric (GE) a échoué à créer un millier d'emplois nets en France après avoir acquis la branche énergie d'Alstom en 2014. Il devra abonder "un fond de réindustrialisation doté de 50 millions d'euros", a annoncé le ministère de l'Economie, pour avoir créé... 25 emplois.

General Electric (GE) a été pénalisé par l'État français pour avoir manqué son objectif de création de 1000 emplois nets. Déjà, il avait renoncé en juin 2018 à son engagement de créer un millier d'emplois nets en France à la fin de l'année 2018, mais le nouveau PDG Larry Culp avait assuré mi-octobre que son groupe "tiendrait ses engagements".

C'est loin d'être le cas puisque le ministère de l'Economie évoque la création "de 25 emplois nets à fin 2018". En conséquence de quoi, la facture est salée pour le géant américain de l'énergie. En 2015, pour obtenir l'aval du gouvernement français au rachat du pôle énergie d'Alstom, GE s'était engagé à créer 1000 emplois nets en France d'ici à la fin 2018, sous peine d'une pénalité de 50.000 euros par emploi non créé.

"L’évolution des marchés de l’énergie, et l’accélération de la transition énergétique limitant fortement le marché des turbines à gaz, n’ont cependant pas permis d’atteindre l’objectif de création de 1 000 emplois nets" déplore le ministère de l'Économie.

Les 50 millions alimenteront un fonds de la Caisse des dépôts

En conséquence, l'industriel devra abonder "un fond de réindustrialisation doté de 50 millions d'euros", a annoncé le ministère de l'Economie. Le fonds, qui "sera logé à la Caisse des dépôts et consignations (CDC)", "sera piloté par un comité présidé par une personnalité spécialiste de l'industrie" et associera des représentants désignés par l'entreprise, les collectivités concernées et les services de l'Etat, précise Bercy.

"Les investissements réalisés en France représentent près d'un milliard d'euros. GE a recruté 3000 personnes ces trois dernières années", note par ailleurs Bercy selon qui l'entreprise a "marqué ses intentions de développement à long terme en France, notamment (...) dans le domaine des énergies renouvelables".

GE prépare une rupture conventionnelle collective

De manière à positiver, Bercy ajoute: "le projet d'intégration des activités de réseaux électriques au sein de la division énergies renouvelables (40 000 personnes, 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires) permettra de conforter la localisation en France des centres de décision relatifs à ces activités, notamment pour l’éolien offshore".

Il n'en demeure pas moins que la conjoncture joue contre GE et son activité a annoncé fin janvier 2019 des résultats en demi-teinte au quatrième trimestre 2018, affectés par les difficultés continues de sa division Energie, qui comprend l'ancien fleuron industriel français. GE envisage de supprimer jusqu'à 470 postes à travers la France, pour l'essentiel via des ruptures conventionnelles collectives, a-t-on appris la semaine dernières de sources syndicales.

Avec 16.000 salariés dans l'Hexagone, la France reste le deuxième pays en termes d'emplois en Europe.

Frédéric Bergé avec AFP