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Dans 8 pays d'Afrique, le Franc CFA deviendra l'Eco en 2020: ce qui va changer

"L'Eco verra le jour en 2020, je m'en félicite", a déclaré le président français en citant le nom de la monnaie commune qui doit remplacer le franc CFA dans huit pays francophones de l'Afrique de l'Ouest.

"L'Eco verra le jour en 2020, je m'en félicite", a déclaré le président français en citant le nom de la monnaie commune qui doit remplacer le franc CFA dans huit pays francophones de l'Afrique de l'Ouest. - ISSOUF SANOGO-AFP

Le franc CFA cèdera la place à l'Eco en 2020 ont annoncé Emmanuel Macron et Alassane Ouattara, le président ivoirien. La monnaie était née en 1945 sous le nom de Franc des colonies françaises d’Afrique. Voici ce qui va changer pour les huit pays d'Afrique de l'Ouest concernés.

En déplacement en Côte d'Ivoire, Emmanuel Macron a acté la fin prochaine du franc CFA, utilisé dans huit pays d'Afrique de l'Ouest. "L'Eco verra le jour en 2020, je m'en félicite", a déclaré le président français en citant le nom de la monnaie commune qui doit remplacer le franc CFA dans huit pays francophones de l'Afrique de l'Ouest, souvent considéré comme l'un des derniers vestiges de la "Françafrique".

Le chef de l'État français a présenté cette "réforme historique majeure" avec son homologue ivoirien Alassane Ouattara, qui a détaillé l'accord conclu entre les huit pays concernés (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo), et la France. Prendra ainsi fin la longue histoire du "franc des colonies françaises d'Afrique", créé en 1945, qui est devenu le "franc de la Communauté financière africaine" après les indépendances des pays au début des années 1960.

Voici ce qui va changer, et ce qui ne va pas changer pour le franc CFA.

Ce qui va changer:

  • Le nom de la monnaie CFA va disparaître. À sa création en 1945, franc CFA signifiait "franc des colonies françaises d'Afrique". Après les indépendances des années 1960, le nom avait déjà évolué pour devenir "franc de la Communauté financière africaine", pour les huit pays d'Afrique de l'Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo). Mais ce nom restait perçu comme un symbole post-colonial. Le FCFA va devenir l'"Eco", qui est en fait le nom choisi pour la future monnaie unique des 15 pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).
  • Fin du dépôt des réserves de change en France. Deuxième point majeur de la réforme, la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) ne devra plus déposer la moitié de ses réserves de change auprès de la Banque de France, une obligation qui était perçue comme une dépendance humiliante vis-à-vis de la France par les détracteurs du FCFA. La BCEAO "n'aura à l'avenir plus d'obligation particulière concernant le placement de ses réserves de change". "Elle sera libre de placer ses avoirs dans les actifs de son choix", selon la présidence française.
  • Gouvernance: plus de représentants français. Troisième changement: la France va se retirer des instances de gouvernance de l'Union monétaire ouest africaine (UMOA) où elle était présente. "La France ne nommera plus aucun représentant au Conseil d'administration et au Comité de politique monétaire de la BCEAO, ni à la Commission bancaire de l'UMOA", a expliqué l'Elysée. Il s'agit de "désamorcer les critiques", selon lesquelles la France continuait de dicter ses décisions dans ces instances via ses représentants, selon l'Elysée.

Ce qui ne changera pas:

  • La parité fixe avec l'euro. La parité fixe avec l'euro du franc CFA, futur Eco, est maintenue (1 euro = 655,96 francs CFA). Il s'agit d'éviter les risques d'inflation (présente dans d'autres pays d'Afrique) a expliqué le président ivoirien Alassane Ouattara. Cette parité fixe est pourtant l'une des caractéristiques du FCFA les plus critiquées par des économistes africains, selon lesquels l'arrimage à l'euro, monnaie forte, pose problème pour les économies de la région, beaucoup moins compétitives, qui ont besoin de donner la priorité à la croissance économique et à l'emploi plutôt que de lutter contre l'inflation. Ces économistes plaident pour la fin de la parité fixe avec l'euro et l'indexation sur un panier des principales devises mondiales, le dollar, l'euro et le yuan chinois, correspondant aux principaux partenaires économiques de l'Afrique.
  • La garantie de la France. Paris conservera son rôle de garant financier pour les huit pays de l'UEMOA. "Si la BCEAO fait face à un manque de disponibilités pour couvrir ses engagements en devises, elle pourra se procurer les euros nécessaires auprès de la France", explique l'Elysée. Cette garantie prendra la forme d'une "ligne de crédit". "Avec le maintien de cette garantie, en attendant l'Eco, nous voulons éviter la spéculation et la fuite des capitaux", a justifié Alassane Ouattara.
F.B avec AFP