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Affaire Tapie: Stéphane Richard remet son mandat "entre les mains du conseil d'administration d'Orange"

Le patron d'Orange a été condamné ce mercredi par la Cour d'appel de Paris à un an de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende. Il annonce se pourvoir en cassation.

Condamné en appel dans l'affaire d'arbitrage controversé entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais, Stéphane Richard annonce qu'il va se pourvoir en cassation.

Le PDG d'Orange a été condamné à un an de prison avec sursis et à 50.000 euros d'amende ce mercredi par la Cour d'appel de Paris dans l'affaire de l'abitrage qui avait permis à Bernard Tapie d'obtenir un peu plus de 400 millions d'euros.

"Les accusations de complicité de détournement de fonds publics sont sans aucun fondement et ne sont basées sur aucune preuve. Je les rejette totalement et vais me pourvoir en cassation", a-t-il indiqué dans une déclaration transmise à l'AFP.

Position difficilement tenable

Il a toutefois été relaxé pour le chef d'accusation d'escroquerie.

Cette condamnation pourrait compromettre la place de Stéphane Richard à la tête d'Orange, alors qu'il souhaite s'y maintenir comme président avec, à ses côtés, un directeur général issu de l'interne. Son mandat arrive à son terme mi-2022.

Interrogé sur la suite à donner, Stéphane Richard a déclaré: "je remets son mandat entre les mains du conseil d'administration d'Orange".

Un conseil d'administration est prévu en fin de journée pour trancher cette question. Le conseil d'administration d'Orange "tirera les conséquences" de cette condamnation, a indiqué mercredi le ministère de l'Economie dans une déclaration transmise à l'AFP.

"Nous prenons acte de la décision de justice concernant Stéphane Richard" et "nous sommes évidemment attentifs à la continuité du bon fonctionnement de l'entreprise", dont l'Etat est actionnaire à hauteur de 23%, ajoute Bercy.

Le personnel "sous le choc"

En 2018, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait toutefois prévenu qu'en cas de condamnation, Stéphane Richard devrait remettre son mandat.

Invité de 60 Minutes Business, Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC, première organisation syndicale du groupe, explique que "l'ensemble du personnel est sous le choc" depuis l'annonce de cette condamnation.

Si le responsable salue le travail de Stéphane Richard, notamment sur les questions sociales suite aux suicides qui ont frappé le groupe, et souligne la "reconnaissance du personnel", il ne se prononce pas sur son avenir à la tête de l'entreprie.

"La décision appartient à trois acteurs: Stéphane Richard lui même, le conseil d'administration et les salariés" notamment actionnaires. Le responsable estime néanmoins qu'Orange a besoin de stabilité.

OC avec AFP