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Valls va-t-il céder aux élus PS et à leur plan d'économies alternatif?

Manuel Valls doit faire face à la grogne d'une partie du PS

Manuel Valls doit faire face à la grogne d'une partie du PS - -

Manuel Valls reçoit ce mardi 22 avril plusieurs responsables socialistes qui vont lui demander de revenir sur le gel des prestations sociales et du salaire des fonctionnaires annoncés la semaine dernière. Le Premier ministre doit présenter demain le programme de stabilité de 2015 à 2017.

C'est ce mardi après-midi à 15 heures que Manuel Valls reçoit plusieurs responsables PS dont le président du groupe à l'Assemblée, Bruno Le Roux, et Valérie Rabault, la nouvelle rapporteure générale du budget. Tous les deux vont lui demander d'amender le plan d'économies qu'il a présenté le 16 avril.

Il faut dire que le temps presse. Après l’annonce la semaine derniredes premières mesures d’économies touchant les prestations sociales, en particulier les retraites, Manuel Valls va passer à la seconde phase de sa stratégie économique. Mercredi 23 avril, il fera adopter en Conseil des ministres le "programme de stabilité" fixant les objectifs de désendettement de la France à l’horizon 2017.

Ce programme, qui comportera les fameux 50 milliards annoncés par François Hollande en début de l’année, sera débattu et voté au Parlement le 29 avril avant d’être adressé à Bruxelles courant mai. La Commission européenne l’examinera et formulera un avis avant juin, comme elle le fera d’ailleurs pour les autres pays de la zone euro.

Plan d'économies alternatif

Sauf que nombre de députés PS ne l'entendent pas de cette oreille. Avant l'adoption du programme de stabilité, mercredi, plusieurs députés PS montent donc au créneau. Valérie Rabault, la nouvelle répporteure générale du budget, va ainsi rencontrer Manuel Valls pour lui proposer de revenir sur le gel de certaines prestations sociales, comme les pensions de retraites pour les foyers modestes.

De son côté, sa collègue Karine Berger et quelques membres PS de la commission des finances de l'Assemblée suggèrent, sans remettre en cause les 50 milliards d'économies, de revenir sur certaines mesures favorables aux entreprises afin de ne pas toucher aux prestations sociales et au gel du point d'indice des fonctionnaires (voir document ci-dessous).

Ils proposent par exemple de reporter à 2016 la mise en oeuvre des baisses de charges pour les grandes entreprises ou de s'attaquer à l'optimisation fiscale de ces dernières. De même, ils suggèrent de plafonner le crédit d'impôt recherche.

Autant dire que c'est tout le discours pro-entreprise de François Hollande depuis décembre qui serait remis en cause. Ainsi que celui de Manuel Valls depuis son discours de politique générale.

publié par BFMBusiness

Surveillance renforcée

Difficile également de revenir sur les 50 milliards d'économies prévues d'ici à 2017 ainsi que les réformes structurelles, comme celle des collectivités locales. Elles doivent convaincre Bruxelles et les principaux partenaires de la France de la volonté de celle-ci de rentrer dans les clous budgétaires.

Depuis mars, la France est, en effet, sous surveillance renforcée de la Commission européenne en raison du dérapage de ses comptes publics. Seule de la zone euro, la Slovénie a été également gratifiée d'une telle surveillance. Faute de mesures jugées pas assez correctrices, Bruxelles pourrait demander en juin au Conseil européen de voter un avertisement à Paris avant d'éventuelles sanctions financières !

Mais les risques d'arriver à cette extrêmité sont très faibles. Paris devrait en effet annoncer qu'il maintient son objectif de 3% de déficit fin 2015 sans demander de nouveaux délais à l'Europe comme la remeur en faisait état voici encore quelques temps. Quitte à cependant à réclamer un peu de temps ensuite pour passer sous les 1,5%.

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P.C et BFM Business