BFM Business

Déficit: Juncker contre un délai accordé à la France

Jean-Claude Juncker veut que les réformes en France soient effectivement mises en place.

Jean-Claude Juncker veut que les réformes en France soient effectivement mises en place. - -

L'ancien Premier ministre luxembourgeois a annoncé, ce vendredi 18 avril, qu'il ne voyait pas d'élément qui permettrait de prolonger le délai. Mais il ne rejette pas complétement cette hypothèse.

Le débat sur un possible délai accordé à la France pour la réduction de son déficit se poursuit. L'ancien Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, s'est prononcé contre un délai, dans un entretien au Figaro ce vendredi 18 avril.

"A priori, je ne vois pas d'élément qui permettrait de prolonger ce délai", a déclaré le candidat des conservateurs à la présidence de la Commission européenne, dans cet entretien.

"Beaucoup dépendra du programme de stabilité que Paris doit présenter à la fin du mois", a-t-il ajouté. "Manuel Valls assure que la France est liée par les engagements pris avec ses partenaires. Nous allons voir ce qu'il en est".

"J'ai vu avec satisfaction l'engagement de Manuel Valls de réduire le déficit en dessous de 3% en 2015 et, dans le même temps, de stimuler l'investissement et l'activité. Cela prouve que responsabilité politique et croissance sont compatibles", a-t-il assuré.

La France n'est pas sur le déclin

Pour autant, Jean-Claude Juncker a insisté sur la nécessité pour Paris de passer aux actes en matière de réduction du déficit. "La mise en œuvre des réformes structurelles est essentielle. La France doit dire ce qu'elle veut faire, les autres pays de l'euro feront ensuite savoir ce qu'ils en pensent. Il ne suffit pas que les réformes soient annoncées. Il faut aussi qu'elles apparaissent au Journal officiel, qu'elles soient effectivement engagées", a-t-il dit.

D'autant que selon lui, "la France n'est pas sur le déclin, ni même le malade de l'Europe. Elle est pleine de ressort et de potentialités", ajoutant: "Je ne vois aucun risque pour l'euro, si la France fait ce qu'elle a à faire."

Toutefois, "une austérité aveugle nuirait à la croissance", a-t-il reconnu en plaidant "pour une politique de rigueur qui permette à chacun de tenir ses promesses et d'enrichir le redressement par les réformes qui muscleront les économies de l'euro à moyen terme".

Le candidat à la succession de José Manuel Barroso a enfin affirmé : "à la tête de la Commission européenne, je travaillerais avec la France pour le respect des règles et pour une politique d'avenir".

D. L. avec AFP