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Sapin: le pacte de responsabilité n'est pas un "cadeau" aux patrons

Michel Sapin veut que les engagements des entreprises soient réels, mesurables et vérifiables.

Michel Sapin veut que les engagements des entreprises soient réels, mesurables et vérifiables. - -

Le ministre du Travail a défendu le pacte de responsabilité, dans une interview publiée ce 9 février dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, en expliquant qu'il n'a rien d'un "pacte avec le diable". Il s'agit de donner aux entreprises "les moyens de créer des emplois", a-t-il rappelé.

Michel Sapin répond aux critiques faites sur le pacte de responsabilité. Le ministre du Travail a affirmé que le gouvernement ne faisait pas un "cadeau" aux patrons "mais aux entreprises à qui l'on donne les moyens de créer des emplois", a-t-il expliqué dans une interview publiée ce dimanche 9 février dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. Ce pacte doit en effet conduire à un allégement des charges sociales afin de diminuer le coût du travail et ainsi favoriser les embauches.

En réponse aux accusations de Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, qui estime que le gouvernement a passé un pacte avec le Medef, Michel Sapin juge qu'il s'agit d'"une erreur d'appréciation et même d'expression", et d'ajouter que "ce n'est pas un pacte avec le diable". "L'entreprise est une communauté humaine dans laquelle il y a, avant toute chose, des travailleurs et des salariés", dit-il.

"Il y a dans l'entreprise des intérêts différents qui, à un moment donné, peuvent converger dans un compromis gagnant-gagnant : c'est cela le dialogue social. Ça n'efface pas le conflit, ça permet de le dépasser. Et c'est de cela que nous avons besoin aujourd'hui", poursuit-il.

Un pacte prêt au printemps

"Je ne pense absolument pas que la gauche se sente en opposition avec ce qu'on appelle dans un jargon incompréhensible la politique de l'offre. A condition d'expliquer les efforts nécessaires et qu'il y ait des contreparties sur la table", explique Michel Sapin.

Selon lui, "il faut moins afficher mais faire plus, et regarder plusieurs dimensions et pas une seule. Dans certains secteurs, l'enjeu, c'est d'éviter des destructions d'emplois. Dans d'autres, d'en créer le plus possible. Il faut que les engagements soient réels, mesurables et vérifiables". Pour autant, "donner un chiffre global" semble "spectaculaire mais est peu opérationnel", juge-t-il.

Le ministre du Travail rappelle enfin que "le président de la République a dit que ce pacte devait être établi le plus rapidement possible". "L'horizon, c'est celui du printemps, entre mars et juin", selon lui.

C.C. avec AFP