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Raymond Soubie: "1,9 million de fonctionnaires sont en dessous de la durée légale du travail"

Raymond Soubie déplore également le manque de volonté des politiques

Raymond Soubie déplore également le manque de volonté des politiques - Bertrand Guay - AFP

L'ex-conseiller aux affaires sociales de Nicolas Sarkozy a réagi au rapport de la Cour des comptes qui traque des pistes pour freiner la hausse de la masse salariale des fonctionnaires. Il considère notamment que les dérapages sont plus importants dans les collectivités locales.

C'est un texte qui fait parler. Mercredi, la Cour des comptes a publié un de ces fameux rapport explosif où elle proposait pas moins de neuf pistes pour tenter de réduire l'envolée de la masse salariale des fonctionnaires, qui dans leur ensemble représentait pas moins de 278 milliards d'euros l'an passé.

Invité à réagir à ce rapport, Raymond Soubie, l'ex-conseiller aux affaires sociales de Nicolas Sarkozy et président des sociétés de conseil Alixio et Taddeo a apporté quelques précisions.

Ainsi "dans la fonction publique (d'Etat), cela a diminué et c'est relativement maîtrisé aujourd'hui. En revanche, dans les collectivités territoriales et les opérateurs publics de l'Etat (météo, universités, etc), ça dérape complètement", affirme-t-il. "Les collectivités territoriales ont beaucoup embauché, en partie parce qu'il y a eu des transferts de compétences, et aussi parce qu'il y a eu un gonflement 'naturel' des effectifs", a-t-il développé.

"Les politiques sont fascinés par les effets d'annonce"

L'une des pistes de la Cour des comptes pour gagner des économies est de mettre fin aux exceptions à la durée légale du temps de travail. Or selon Raymond Soubie ces cas sont nombreux. "Il y a quand même 1,9 million de fonctionnaires qui sont en dessous de la durée légale du travail", fait-il valoir.

Néanmoins Raymond Soubie préconise quand même de ne pas revenir sur l'emploi à vie des fonctionnaires, comme le voulait, par exemple, Nicolas Sarkozy. "Avant d'en arriver là, il y a beaucoup d'autres solutions qui peuvent être appliquées", juge-t-il.

Quant à savoir pourquoi les hommes et les femmes qui nous gouvernent ne se sont pas encore attelés à la tâche, Raymond Soubie répond que "Les politiques sont fascinés par les effets d'annonce. Pas du tout par la gestion de leur administration. Tout simplement parce que ce n'est pas public, ça ne se voit pas, et si ça marche, ce sera au bénéfice de leurs successeurs".

J.M.