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Quels seront les ministères touchés par les mesures d'économies?

Gérald Darmanin prévoit de réaliser 4,5 milliards d'euros d'économies.

Gérald Darmanin prévoit de réaliser 4,5 milliards d'euros d'économies. - Guillaume Sauvant - AFP

L'État compte économiser 4,5 milliards d'euros cette année. "Ni les collectivités locales, ni la Sécurité sociale, ne seront mises à contribution", précise Gérald Darmanin. Le ministre des Comptes publics mise sur une réduction des coûts de fonctionnement des ministères.

Qui fera les frais, au plan ministériel, des futures économies du gouvernement destinées à contenir le déficit public sous les 3% du PIB? Le ministre des Comptes publics à qui revient la tâche de répondre à cette question a commencé à lever le voile ce mardi dans un entretien au journal Le Parisien. "Nous avons trouvé 4,5 milliards d'euros d'économies (...) sur le seul budget de l'État. Ni les collectivités locales, ni la Sécurité sociale, ne seront mises à contribution", explique Gérald Darmanin qui confirme, au passage, l'engagement du Premier ministre, Édouard Philippe, de procéder sans augmenter les impôts.

Pour parvenir à respecter les engagements européens de la France en termes de déficit, le gouvernement va rogner donc le train de vie des ministères, qu'il s'agisse de la gestion du parc de véhicules ou d'appels d'offres mieux négociés. "Il n'y a pas de coup de rabot global, selon la volonté du président de la République", souligne Gérald Darmanin.

Et de détailler les économies envisagées: 60 millions d'euros pour Matignon sur ses frais de fonctionnement, 268 millions d'euros à Bercy en réduisant par exemple le coût d'un programme de numérisation, 282 millions d'euros au ministère des Affaires étrangères dont la moitié provenant d'un recul de l'aide publique au développement.

L'Intérieur va faire 526 millions d'euros d'économies

Du côté des Transports, les économies prévues atteignent 260 millions d'euros, avec un passage en revue de tous les grands projets, comme l'avait annoncé Emmanuel Macron.

Au niveau des ministères régaliens, la Défense ne verra pas son budget amputé. Le ministère devra en revanche respecter l'enveloppe déjà votée par le Parlement qui prévoyait une réduction des dépenses de 850 millions d'euros.

L'Intérieur va faire 526 millions d'euros d'économies, sans toucher aux effectifs de policiers ou de gendarmes, et la Justice aura à économiser 160 millions d'euros, "essentiellement des programmations immobilières", précise Gérald Darmanin. 

En ce qui concerne l'Éducation nationale, aucun poste de professeur ne sera supprimé pour la rentrée scolaire mais 75 millions d'euros devront être économisés, tout en tenant "l'intégralité des promesses du président de la République, notamment sur l'accompagnement des auxiliaires de vie scolaire auprès des enfants handicapés", ajoute le ministre. Enfin, la Culture sera elle aussi mise à contribution, avec 50 millions d'euros d'économies.

De la mise en scène

Sur BFTV-RMC, Éric Woerth, président (Les Républicains) de la Commission des finances de l'Assemblée, a déclaré: "Le gouvernement a beaucoup utilisé cet audit (de la Cour des comptes) comme le font souvent les gouvernements mais là, il est utilisé à des fins de mise en scène. Et tout d'un coup le ministre du Budget vient un matin dans Le Parisien pour dire j'ai fait des économies de 4,5 milliards, personne ne l'avait jamais fait. Là aussi, tout ça c'est quand même un peu de la mise en scène".

"Il ne faut pas tomber dans le panneau. C'est de la régulation budgétaire classique comme on en fait depuis toujours, qui repose d'ailleurs probablement aussi sur une vision partielle et peu sincère des choses", a ajouté le député de l'Oise. "Lorsque dans Le Parisien Gérald Darmanin indique qu'il va faire 800 millions d'euros d'économies sur les crédits militaires, il va falloir qu'il dise exactement comment". "Il n'y a pas assez d'argent sur le militaire, tout le monde en est convenu, Emmanuel Macron aussi et l'ensemble des responsables de la droite aussi". "Ce sont les fameux 2% du PIB", a-t-il expliqué en référence à cet objectif qui figurait dans le programme présidentiel d'Emmanuel Macron.

"On a besoin de matériel nouveau, d'investir sur le nucléaire, de réparer des matériels". "Comment fait Gérald Darmanin pour tout d'un coup supprimer 800 millions d'euros ?", s'est interrogé Éric Woerth. Par ailleurs, "c'est curieux de dire +on va supprimer des crédits militaires mais ne vous inquiétez pas, on va les ré-augmenter l'année d'après. Même chose sur la sécurité. Que devient l'opération Sentinelle ? Sur les crédits de sécurité, du ministère de l'Intérieur, il y a plus de 500 millions d'euros (d'annonce d'économies, NDLR). Je n'avais pas compris qu'il y avait trop d'argent dans le ministère de l'Intérieur. À Gérald Darmanin de préciser tout cela", a poursuivi l'ancien ministre du Budget.

D. L. avec AFP