BFM Business

Panama papers: Sapin demande à Société Générale de "tout mettre sur la table"

Michel Sapin veut faire la lumière sur les activités offshore de Société Générale

Michel Sapin veut faire la lumière sur les activités offshore de Société Générale - Éric Piermont - AFP

"Le ministre des Finances a indiqué ce mercredi sur Europe 1 qu'il avait demandé à Frédéric Oudéa, le directeur général de Société Générale, de lever le voile sur les activités des sociétés offshore de la banque révélées par les Panama papers."

Michel Sapin a haussé le ton. Mardi, les Panama papers ont révélé que la banque Société Générale avait ouvert, en l'espace de plusieurs dizaines d'années un total de 979 sociétés offshore, dont quelques dizaines seraient encore actives.

À la suite de cette révélation, le ministre des Finances a convoqué la direction de la Banque de la Défense. Sur Europe 1 ce mercredi, Michel Sapin a donné quelques éléments du contenu de ses échanges avec le directeur général de Société Générale, Frédéric Oudéa.

"Je lui ai dit que je souhaitais que tout soit mis sur la table. J'ai exigé de connaître l'état actuel total de la situation, l'évolution de 2012 à 2015 et les raisons de l'ouverture éventuelle de nouveaux comptes offshore", a-t-il. 

Le Panama habitué à faire le gentil puis le méchant

Michel Sapin, a, par ailleurs, appelé mercredi les pays de l'OCDE à mettre le Panama sur la liste des paradis fiscaux, à l'instar de la France, assurant qu'il ne se laissait pas intimider par les menaces de représailles du pays latino-américain.

"Malheureusement le Panama est un peu trop habitué à faire des allers-retours, à faire le gentil, puis à faire le méchant. Ceci ne peut plus durer", a-t-il déclaré, après avoir annoncé la veille que la France allait remettre ce pays sur la liste des paradis fiscaux à la suite des révélations des "Panama Papers".

"Il ne faut pas que l'on soit tout seuls. Il faut que ce soit un mouvement général. C'est pour ça que j'ai souhaité aussi que l'OCDE (...) se réunisse pour que la même décision (que la France) soit prise par l'ensemble des pays concernés", a insisté le ministre.

"À ce moment-là, le Panama ne fera peur à personne", a-t-il assuré. Interrogé sur les mesures de représailles économiques envisagées par le Panama contre la France, Michel Sapin a répondu qu'il "n'était pas intimidé". La France avait retiré le Panama de sa liste de territoires non-coopératifs le 1er janvier 2012, après la signature d'une convention avec les autorités panaméennes sur la lutte contre l'évasion fiscale

J.M. avec AFP