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Matthias Fekl: "les PME doivent être la priorité du commerce extérieur"

Mathias Fekl juge que la France doit prendre exemple sur l'Allemagne et cibler sa politique d'export sur les PME.

Mathias Fekl juge que la France doit prendre exemple sur l'Allemagne et cibler sa politique d'export sur les PME. - BFM Business

Le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Matthias Fekl était l'invité de BFM Business, ce lundi 10 novembre. Il a estimé que le meilleur moyen d'augmenter les exportations tricolores est de cibler les petites et moyennes entreprises.

Comment améliorer le commerce extérieur français qui a encore été déficitaire de 61 milliards d'euros l'an dernier? Le secrétaire d'Etat chargé du sujet, Matthias Fekl a livré ce lundi 10 novembre sur BFM Business quelques pistes à creuser.

"Pour redresser le commerce extérieur, il faut beaucoup de choses", à commencer par "mener les réformes internes qui sont en train d'être menées; car les pays qui ont des problèmes de compétitivité en interne ne peuvent être compétitifs à l'extérieur", a-t-il débuté.

Mais pour Matthias Fekl "la priorité absolue du commerce extérieur doit être portée sur les petites et moyennes entreprises". "Le réflexe PME est insuffisant en France, la culture PME est insuffisante en France", a-t-il poursuivi.

"Un accompagnement plus lisible" pour les PME

Or ce sont ces entreprises qui "créent de l'emploi, qui embauchent, et qui ont besoin d'un accompagnement renforcé, plus simple, plus lisible, à l'export", a affirmé le secrétaire d'Etat.

Matthias Fekl a cité pour exemple l'Allemagne, lui qui est né outre-Rhin, d'une mère française et d'un père allemand. "Ce qui fait la force de l'Allemagne, c'est son Mittelstand, c'est-à-dire les PME et les ETI qui son robustes, innovantes, compétitives, qui vont conquérir des parts de marché partout dans le monde".

Pour le secrétaire d'Etat, ces PME exportatrices représentent ce qui "fonctionne" en Allemagne. A l'inverse "ce qui ne fonctionne pas en Allemagne, c'est toute une partie de la société précarisée avec des mini-jobs et sur lequel la grande coalition (au pouvoir, ndlr) est train de revenir, avec l'idée du salaire minimum".

"Prenons en Allemagne, ce qui fonctionne. Mais ne croyons pas de manière béate que le modèle allemand est parfait et transposable tel quel dans notre pays", a-t-il conclu. 

Paris et Berlin doivent retrouver "un leadership commun"

Quant à la relation franco-allemande, quand cette relation "n'est pas forte et ne s'appuie pas sur de grands projets, finalement c'est toute l'Europe qui avance moins vite", a assuré Matthias Fekl.

En ce sens, le secrétaire d'Etat a jugé que "la France et l'Allemagne doivent retrouver un leadership commun. Cela vaut pour l'économie, pour les projets culturels, pour le multilinguisme et l'Europe des jeunes", a-t-il poursuivi. Avant de conclure: "On peut aller plus loin pour que l'Europe redevienne une réalité dans la vie de tous les jeunes et de tous les Européens".

Julien Marion