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Le gouvernement amorce la privatisation de la FDJ

Gérald Darmanin a affirmé envisager une ouverture du capital de la FDJ.

Gérald Darmanin a affirmé envisager une ouverture du capital de la FDJ. - Ludovic Marin - AFP

Gérald Darmanin a indiqué ce jeudi que l’exécutif préparait une ouverture du capital de l’entreprise, tout en en gardant le contrôle.

Cette fois, le gouvernement semble bien déterminé à privatiser la Française des jeux, du moins en partie. Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des comptes publics, l’a confirmé ce jeudi. "Nous réfléchissons à l'ouverture du capital de la FDJ tout en gardant le monopole", a-t-il ainsi affirmé au micro de Sud Radio.

Si le dossier est politiquement sensible, la solution choisie pourrait cependant permettre de réaliser une belle opération à court terme, tout en gardant l’essentiel de ses revenus réguliers.

A l’heure actuelle, l’État français détient 72% de la FDJ. Le reste du capital est détenu par des petits actionnaires, comme les "Gueules cassés", une association d’anciens combattants possédant 9,2%, ou encore les salariés de l’entreprise (5%).

L’État bénéficie également d’un monopole de droit sur les jeux de loterie et les jeux à gratter, qu‘il entend bien conserver. Car celui-ci rapporte gros: en 2016, sur les 14,3 milliards d’euros dépensés par les joueurs, 9,5 milliards ont été redistribués aux gagnants, mais 3,1 milliards ont atterri dans les caisses de l’État, grâce à divers prélèvements et taxes. Soit bien plus que les 124 millions d’euros de dividende versés par la FDJ à son actionnaire principal.

Vers une introduction en Bourse de la FDJ?

Le gouvernement réfléchit donc à une solution lui permettant de conserver la grande majorité de ses recettes tout en faisant rentrer de l’argent frais, notamment pour abonder le fonds pour l’innovation de rupture. Comme l’avait révélé BFM Business en novembre dernier, l’exécutif privilégierait ainsi sur une introduction en Bourse de la société, qui présenterait plusieurs avantages.

Elle permettrait d'abord de descendre sous la barre symbolique de 50% du capital (entre 25% et 35% selon les scénarios) tout en gardant le contrôle de la société via le système de droits de vote double. Si la FDJ était valorisée à plus de 3 milliards - un scénario qui apparait plausible - l’État récupérerait au passage entre 1 et 1,5 milliard d’euros.

Le gouvernement pourrait en outre proposer des actions préférentielles aux buralistes (avec un dividende supérieur), afin de les inciter à vendre plus de jeux. Mais aussi de calmer leur colère née des augmentations successives du prix du tabac.

Cette option, si elle était retenue, permettrait aussi à Emmanuel Macron d’illustrer sa volonté de développer l’actionnariat individuel. La FDJ étant rentable, le placement semble sans risque. Enfin, garder le contrôle sur l’entreprise permettra à l’État d’assurer sa mission première: prévenir les risques de blanchiment, d’addiction ou de fraude.

Cette opération priverait, en revanche, l’État d’une partie de son dividende, soit quelques dizaines de millions d’euros par an.

Y.D.