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Le gel des retraites rapporterait deux fois moins que prévu en 2015

En ne revalorisant pas les retraites supérieures à 1.200 euros au 1er octobre, le gouvernement escomptait 1 milliard d’économie.

En ne revalorisant pas les retraites supérieures à 1.200 euros au 1er octobre, le gouvernement escomptait 1 milliard d’économie. - Joel Saget - AFP

Afin de parvenir à économiser 50 milliards, le gouvernement Valls a décidé de geler les pensions de base. Une mesure dont il espérait tirer 1 milliard d’économie. Mais c’était sans compter l’inflation atone.

En plus d’être impopulaire et d’avoir déchiré la majorité parlementaire, le gel des pensions de base s’avère moins lucratif que prévu pour les finances publiques. Afin de parvenir à économiser 50 milliards d’euros, Manuel Valls a notamment décidé, dans le cadre du Budget rectificatif de la Sécu, de ne pas revaloriser cette année les pensions de retraites supérieures à 1.200 euros. Cette mesure, qui touche la moitié des retraites, soit 8 millions de personnes, devait permettre d’économiser 1 milliard d’euros.

Mais selon une information du Figaro du 6 septembre, le gel des pensions de retraite de base devrait rapporter entre 500 et 600 millions d'euros en 2015. Soit environ deux fois moins que prévu.

Un manque à gagner que l’on doit à l'inflation, qui sera environ deux fois moins élevée qu'attendu. "L'année prochaine, là où sur une hypothèse d'inflation de 1,5% on faisait au-delà d'un milliard d'économies par le seul gel de prestations, aujourd'hui ces économies sont remises en cause", avait d'ailleurs expliqué le 2 septembre le ministre des Finances, Michel Sapin, sans préciser le montant de la perte occasionnée. Selon les économistes, il faut plutôt tabler sur une inflation comprise entre 0,7 et 0,5% en 2015.

Des retards sur les pensions les plus basses 

Par ailleurs, les petites pensions épargnées par ce gel, donc inférieure à 1.200 euros, risquent de ne pas être revalorisée au 1er octobre comme prévu en raison de retards juridiques et de difficultés techniques.

La piste retenue pour la mise en place de cette revalorisation partielle est le répertoire des échanges inter-régimes de retraites (EIRR), déjà utilisé, mais à petite échelle, pour la majoration des pensions de réversion ou le minimum contributif. L'élargir à tous les retraités nécessite un raccordement entre les régimes, et présente donc des difficultés techniques. De plus cette mise en œuvre nécessite un décret, qui n’a pas encore été transmis.

Par ailleurs, même si ces embûches sont surmontées au 1er octobre, les retraités n’en verront les bénéfices que lors du versement de novembre, puisque les retraites sont versées à date échue.

C.C.