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Le déficit commercial s'est légèrement dégradé en janvier

Le déficit commercial de la France s'est légèrement dégradé en février, les importations ayant un peu plus augmenté que les exportations, selon des données publiées par les Douanes. Le déficit, en données corrigées des variations saisonnières et jours ouv

Le déficit commercial de la France s'est légèrement dégradé en février, les importations ayant un peu plus augmenté que les exportations, selon des données publiées par les Douanes. Le déficit, en données corrigées des variations saisonnières et jours ouv - -

PARIS - Le déficit commercial de la France s'est légèrement dégradé en février, les importations ayant un peu plus augmenté que les exportations,...

PARIS (Reuters) - Le déficit commercial de la France s'est légèrement dégradé en février, les importations ayant un peu plus augmenté que les exportations, selon des données publiées par les Douanes.

Le déficit, en données corrigées des variations saisonnières et jours ouvrables, s'est creusé à 3,604 milliards d'euros contre 3,534 milliards le mois précédent, ce dernier chiffre ayant été révisé par rapport à un montant de 3,681 milliards initialement annoncé.

Sept économistes interrogés par Reuters s'attendaient en moyenne à un déficit de 3,7 milliards d'euros.

A 30,371 milliards d'euros contre 30,182 milliards en janvier, les exportations FAB ont atteint leur meilleur niveau depuis juillet 2009 tandis que les importations, à 33,975 milliards contre 33,716 milliards, sont à leur plus haut depuis décembre 2008.

Au total les exportations ont progressé de 0,6% et sont à leur quatrième mois de hausse, tandis que les importations ont augmenté de 0,8%.

Les unes et les autres restent toutefois bien inférieures à leurs niveaux d'avant-crise puisqu'à l'été 2008 les exportations étaient de l'ordre de 35 milliards d'euros et les importations dépassaient les 40 milliards.

"La tendance haussière se confirme à la fois pour les exportations et pour les importations, ce qui est cohérent avec le rebond du commerce mondial depuis l'été 2009", commente Alberto Balboni, responsable de l'économie internationale à l'institut d'études Xerfi.

Le 26 mars, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a annoncé prévoir une hausse de 9,5% du commerce mondial en volume cette année, grâce pour l'essentiel au dynamisme retrouvé des pays émergents, après une contraction de 12,2% en 2009 qui était sans précédent depuis 70 ans.

LA FRANCE À LA TRAÎNE

Pour Alberto Balboni toutefois, la France peine à tenir le rythme de la reprise de l'économie mondiale du fait de la spécialisation géographique de ses exportations, dont plus de 60% sont destinées à l'Union européenne.

"Le principal problème des exportations françaises est de ne pas être accrochées assez solidement aux locomotives de la croissance mondiale, c'est-à-dire les pays émergents d'Asie orientale et méridionale, comme l'Inde ou la Chine, mais aussi d'Amérique latine tels que le Brésil", explique-t-il.

De plus, la spécialisation intra-européenne de l'export français ne permet pas de tirer tout le profit de la dépréciation de l'euro vis-à-vis du dollar, ajoute-t-il.

La devise européenne a perdu 8% de sa valeur face au billet vert entre novembre 2009 et février 2010, ce qui rend les exportations de la zone euro plus compétitives aux Etats-Unis mais aussi dans des pays à forte croissance dont la devise est arrimée au dollar, comme c'est le cas pour la Chine.

Autre source d'inquiétude selon le spécialiste de Xerfi, la hausse des importations est due pour l'essentiel à la facture énergétique et non à une progression des achats de biens de consommation, ce qui confirme les mauvais chiffres des dépenses des ménages en biens manufacturés (-1,2% en février après -2,5% en janvier) publiés le 25 mars par l'Insee.

"Le fléchissement de la consommation, seul véritable moteur de la croissance hexagonale ces dernières années, sous les coups d'un chômage croissant et d'une légère accélération des prix, est une très mauvaise nouvelle pour l'économie française", souligne Alberto Balboni.

Les économistes de Xerfi, parmi les plus pessimistes des conjoncturistes, ne voient pas la croissance dépasser 0,6% en France en 2010, loin de la prévision gouvernementale de 1,4%.

Sur les deux premiers mois de l'année, le déficit commercial cumulé de la France se monte à 7,138 milliards d'euros contre 8,242 milliards en janvier-février 2009.

Le cumul sur 12 mois à fin février atteint 42,621 milliards.

Le portail des statistiques du commerce extérieur: http://lekiosque.finances.gouv.fr/Appchiffre/portail_default.asp

Véronique Tison, édité par Sophie Louet